Les transporteurs opérant sur l’axe Bukavu–Burhale jusqu’à Evary et Kigulube, dans le territoire de Shabunda, alertent sur les dangers que courent les habitants de Shabunda et des villages voisins, privés de produits divers depuis plus de sept mois.
Ce blocus interdit tout accès des véhicules en provenance de Bukavu dans le territoire de Shabunda. Des informations concordantes indiquent qu’aucun véhicule n’est autorisé à franchir les zones contrôlées par les Forces Armées de la RDC (FARDC) du côté de Shabunda, sur ordre venu de Kinshasa.
La semaine dernière, au moins six camions transportant des marchandises ont été sommés de retourner à Bukavu, alors qu’ils étaient déjà arrivés à Nyombe, à seulement 36 km de Isezya Evary. Parmi ces véhicules figuraient des camions transportant médicaments et intrants essentiels pour approvisionner hôpitaux et centres de santé, qui connaissent actuellement de graves difficultés, selon des prestataires sanitaires de la zone.
Les autorités à Kinshasa et dans la partie de Shabunda justifient cette mesure en accusant les transporteurs de vouloir faciliter une infiltration dans ce vaste territoire de la province du Sud-Kivu.
Pour William Mampuya Lemba, secrétaire exécutif de l’Association des Transporteurs Action Lukumbi, il est inacceptable que des véhicules soient renvoyés après des semaines de voyage. Il rappelle que les transporteurs ne sont que des facilitateurs et qu’ils ne devraient pas être assimilés aux politiciens ou aux combattants. Il appelle ainsi à plus d’humanisme pour permettre un trafic sécurisé et ouvert.
Précisons que Shabunda est coupé du reste des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis plus d’un an, à la suite de la fermeture des aéroports. Alors que les transporteurs avaient tenté la voie terrestre malgré les difficultés, le blocus imposé dans la partie sous contrôle du pouvoir central a aggravé la situation.
Aujourd’hui, cette asphyxie sans précédent frappe les populations locales : un seul poisson coûte plus de 80.000 Fc, une tige de savon dépasse 15.000 Fc, et un sachet de sel ou un paquet de paracétamol avoisine 4.000 Fc, s’indignent les acteurs de la société civile à Shabunda.