L’intensification des combats entre l’AFC/M23 et les FARDC, appuyées par les Wazalendo, a provoqué de nouveaux déplacements massifs de population dans les territoires de Kabare, Mwenga, Fizi et Uvira.
Au cours du mois de janvier 2026, plus de 70 000 déplacés ont été signalés dans ces zones, fuyant les combats dans leurs milieux d’origine.
C’est ce que révèle le rapport mensuel publié par le Bureau de coordination des affaires humanitaires, en collaboration avec ses partenaires humanitaires intervenant dans la province.
Selon OCHA, cette situation est principalement liée à la recrudescence des affrontements dans les territoires de Mwenga, Kabare, Uvira et Fizi.
Le rapport indique qu’à Uvira, 50 000 personnes déplacées internes ont été enregistrées. Des cas de pillages des biens de la population sont également signalés, et au moins sept organisations humanitaires ont été victimes d’incidents sécuritaires.
À Fizi, plus de 8 000 ménages ont fui l’intensification des combats, 3 000 ménages à Mwenga, 4 000 à Kalehe, plus de 100 000 personnes à Walungu et 1 000 ménages affectés à Kabare.
Le document fait également état de violences sexuelles, notamment des viols commis sur huit femmes dans le territoire de Kabare par des hommes armés.
L’accès humanitaire demeure fortement limité en raison de la persistance des combats, compliquant les interventions d’urgence dans les zones affectées, indique OCHA.
Dans les familles d’accueil, les écoles et les églises où vivent les personnes déplacées et même les retournés, les besoins humanitaires restent critiques, particulièrement en matière d’assistance alimentaire, d’abris, d’eau, d’éducation et de santé.
Le secteur éducatif figure parmi les plus touchés par l’insécurité persistante dans plusieurs localités du Sud-Kivu.
En janvier 2026, plus de 1 500 écoles n’ont pas fonctionné, privant plus de 6 000 élèves d’accès à l’éducation. Au moins dix élèves ont perdu la vie, dont huit lors des affrontements armés et deux à la suite d’explosions et de restes explosifs de guerre, précise le rapport.
Par ailleurs, OCHA souligne que le manque de ressources financières continue de limiter la capacité des partenaires humanitaires du secteur de l’éducation à organiser les cours de rattrapage prévus sur trois mois pour les enfants de Walungu, Fizi et Uvira.
Sur le plan sanitaire, la province continue de faire face à une forte pression épidémique marquée par le MPOX, la rougeole et le choléra, conclut le rapport.
Par Hélène Bujiriri