Huit mois après la signature de l’Accord de paix de Washington du 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda, le niveau de mise en œuvre de toutes les tâches humanitaires prévues dans l’accord demeure extrêmement faible, avec un score de 2,5 sur 10 pour chacune d’elles.
C’est ce qu’indique le Baromètre des accords de paix en Afrique dans son rapport allant du 1er au 28 février 2026 et consulté par la rédaction de Radio Maendeleo.
Parmi ces tâches humanitaires, indique ce rapport, figurent la protection des civils, la fourniture d’assistance aux populations vulnérables, le retour des déplacés internes ainsi que celui des réfugiés.
Le rapport précise également que le taux global d’exécution de l’ensemble des engagements reste inchangé à 23,3 % depuis la fin du mois de novembre 2025, traduisant une quasi-paralysie des mécanismes prévus pour répondre aux urgences sur le terrain.
Pour la période sous analyse, le Baromètre relève la poursuite des hostilités dans l’est de la RDC, en dépit de la trêve recommandée par le président angolais João Lourenço dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus, censée entrer en vigueur le 18 février 2026, mais qui n’a pas été respectée.
Le document fait aussi état d’une recrudescence des tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, marquée par l’usage de termes particulièrement durs par les autorités des deux pays. À cela s’ajoutent la non-neutralisation des FDLR, le maintien des mesures défensives rwandaises, ainsi que l’absence d’un accès humanitaire effectif et sans entrave en faveur des populations civiles, précise le Baromètre des accords de paix en Afrique.
En revanche, certaines avancées sont notées sur le plan diplomatique, comme par exemple la visite à Goma, à la mi-février, de la cheffe par intérim de la MONUSCO, Vivian van de Perre, en vue de l’opérationnalisation du mécanisme conjoint et de consultations sur la protection des civils, ou encore la tournée régionale menée par la commissaire européenne à l’aide humanitaire, Hadja Lahbib, pour promouvoir l’établissement de couloirs humanitaires sécurisés.
Malgré cette mobilisation diplomatique, le Baromètre souligne que les effets concrets sur le terrain restent très limités, alors que les besoins humanitaires continuent de s’aggraver dans les zones affectées par le conflit.
Par Omeur Mudekereza