Une scène de détresse et d’impuissance s’est déroulée ce samedi 11 avril 2026 à Muhumba, dans le quartier Nyalukemba en plein centre-ville de Bukavu au Sud-Kivu.
Plus d’une vingtaine de personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants, ont été brutalement expulsées de leur habitation dans des conditions jugées inacceptables par les victimes et les témoins.
Selon les témoignages recueillis sur place, tout s’est déroulé très rapidement.
Des hommes accompagnés d’éléments armés se sont introduits dans la parcelle.
Après avoir toqué à la porte, ils ont contourné l’habitation avant de s’introduire eux-mêmes à l’intérieur.
Une fois sur place, ils ont procédé à une visite des lieux, avant de donner un ultimatum d’une heure aux occupants pour quitter la maison.
« Ils ont frappé à la porte, mais avant même qu’on n’ouvre, ils étaient déjà derrière la maison. Ils sont entrés comme ça, sans respect, comme si ce n’était pas chez nous », raconte, la voix tremblante, une femme victime de l’expulsion.
Sous pression et dans la peur, les familles ont tenté de rassembler quelques effets personnels, mais le temps et les conditions ne leur ont pas permis de sauver l’essentiel.

« Ils nous ont dit : “Vous avez une heure pour partir.” On était sous le choc. Une heure seulement pour quitter toute une maison, toute une vie… c’est inhumain », témoigne une autre femme, visiblement bouleversée.
Plusieurs dépôts contenant des biens sont restés fermés, empêchant les occupants de récupérer leurs affaires.
L’accès à certaines parties de l’immeuble, notamment la partie occupée par le proprietaire de la maison Sengo LuKwebo, a été strictement interdit.
Même les tentatives de récupération ont été bloquées, empêchant toute médiation ou tentative de clarification.
Les victimes affirment n’avoir pu emporter que quelques matelas, déplacés in extremis grâce à l’intervention de la sécurité de la maison et quelques biens.
Le reste de leurs biens est resté sur place, désormais hors de portée.
Ce soir, ces familles se retrouvent sans abri, sans solution immédiate, et sans savoir où passer la nuit.
Parmi elles, des enfants en âge scolaire, déjà fragilisés par cette situation brutale pourtant ils ont l’obligation de reprendre cours le lundi 13 avril.
Les victimes dénoncent une opération menée sans respect des procédures, sans préavis légal suffisant, et dans un climat de peur imposé par la présence d’hommes armés et les autorités locales.
Elles affirment également que ce type d’intervention ne serait pas une première, évoquant des pratiques répétées qui plongent les populations civiles dans l’insécurité permanente.
Avec beaucoup d’émotion, ces familles lancent un appel pressant aux autorités compétentes, aux organisations de défense des droits humains ainsi qu’à toute personne de bonne volonté.
Elles demandent à être rétablies dans leurs droits et à regagner leur habitation provisoire appartenant à Sengo Lukwebo.
Elles réclament également que le propriétaire de la maison, Sengo Lukwebo, puisse recouvrer pleinement ses droits sur son bien, aujourd’hui occupé et contrôlé sans cadre légal clair.
Face à cette situation, une question essentielle se pose : jusqu’à quand des civils continueront-ils à subir de telles pratiques sans protection ni recours effectif ?
En attendant une éventuelle intervention, ces familles passent leur première nuit dans l’angoisse, exposées à tous les risques, avec pour seul espoir que justice leur soit rendue.
Par la Rédaction