Des maisons construites en marge des normes urbanistiques ou sur des sites inappropriés continuent de fleurir dans la ville de Bukavu, mettant en danger la vie de leurs occupants.
Le constat est dressé par Radio Maendeleo après une ronde dans les différentes communes de la ville.
Dans presque tous les quartiers, les maisons sont bâties les unes collées aux autres et sans servitudes pour faciliter le passage des habitants. Cette réalité est manifeste : de belles maisons sont visibles dans plusieurs avenues, mais leur accessibilité pose problème.
À certains endroits, les servitudes et passages publics sont envahis par de nouvelles constructions, compliquant la circulation des personnes et l’intervention éventuelle des services de secours.
Par ailleurs, dans d’autres secteurs, les maisons sont édifiées sur des sols fragiles, incapables de supporter le poids des bâtiments. Avec le temps, ces maisons se dégradent et laissent apparaître des fissures. Certaines s’effondrent même moins de cinq ans après leur construction.
Selon des experts en infrastructures, beaucoup de nouvelles constructions utilisent des matériaux de mauvaise qualité ou inadaptés. Des barres de fer non conformes et d’autres matériaux inappropriés compromettent la solidité et la durabilité des bâtiments. Certaines maisons ne disposent même pas d’un système d’aération adéquat, ce qui favorise l’humidité, renchérissent ces professionnels.
L’ingénieur en bâtiment Jean Requin Balihamwabo explique que de nombreux habitants de Bukavu font appel à des personnes non qualifiées, qu’ils traitent de charlatans, au lieu de consulter des professionnels du domaine. Selon lui, toute construction devrait être précédée d’une étude du sol afin de déterminer sa capacité portante, étape essentielle pour garantir la stabilité et la durabilité d’une maison.
Il rappelle également qu’on ne construit pas seulement pour soi, mais pour les générations futures. Le respect des normes techniques et urbanistiques est donc indispensable avant d’entamer tout projet de construction, insiste l’ingénieur Requin Balihamwabo.
L’expert demande à l’État, à travers ses services de contrôle, de veiller strictement à la qualité des matériaux de construction importés.
Face aux nombreuses constructions anarchiques, il est urgent de renforcer le contrôle urbanistique, de sensibiliser la population et de sanctionner les auteurs des pratiques non conformes, car la sécurité des habitants de Bukavu en dépend, conclut notre source.
Par Mapendo Linda