Un an après la chute de la ville de Bukavu aux mains de l’AFC/M23, la situation économique demeure extrêmement préoccupante. Avec la fermeture des banques et de certains axes routiers, la population est abandonnée à son triste sort.
C’est ce que pense Idée Bakulu, expert en finances publiques, dans une interview accordée à Radio Maendeleo, lundi 16 février 2026, une année après la chute de Bukavu aux mains de l’AFC/M23.
Selon lui, l’économie de la province a fortement régressé parce que plusieurs entreprises ont fermé leurs portes.
Le contexte sécuritaire a délabré le système financier, ce qui met l’économie en dessous de la barre minimale, indique Idée Bakulu.
Dans les marchés et les quartiers commerciaux, l’impact est visible, précise notre source. Les commerçants vendent moins, les petites entreprises tournent au ralenti et les difficultés d’approvisionnement entretiennent la hausse des prix.
Cette paralysie pèse lourdement sur le quotidien des habitants, confrontés à l’érosion continue de leur pouvoir d’achat.
Pour survivre, la population développe des stratégies de résilience. Les circuits informels dominent et les arrangements entre particuliers se multiplient. Mais pour l’expert, ces mécanismes demeurent fragiles et insuffisants pour soutenir durablement une économie urbaine.
Parmi les priorités, Idée Bakulu insiste sur la réouverture des banques et la reprise du trafic sur certains axes routiers afin de désenclaver la ville. Ces actions sont, à ses yeux, indispensables pour relancer les échanges, restaurer la confiance et redonner un minimum de souffle à l’activité économique.
Un an après les événements, conclut-il, la relance passe avant tout par le retour de la paix. Idée Bakulu en parle.
À moyen et long terme, avertit-il, le danger est de voir se détériorer davantage le tissu économique, avec des pertes d’emplois accrues et une réduction des recettes nécessaires au fonctionnement des services.
Par Omeur Mudekereza