Un conseil de sécurité s’est tenu lundi 15 mars à la commune de Kadutu, sous la présidence du bourgmestre intérimaire, Maître René Bulikoliko. La rencontre a réuni les chefs de quartiers ainsi que plusieurs cadres administratifs afin d’examiner la situation sécuritaire dans cette municipalité de la ville de Bukavu.
À l’ouverture de la séance, l’autorité communale a exprimé sa reconnaissance à la hiérarchie de l’AFC/M23, et particulièrement au gouverneur de province, pour son engagement en faveur de la sécurité et du développement au Sud-Kivu.
La réunion a d’abord permis aux chefs de quartiers et à leurs adjoints de présenter la situation sécuritaire dans leurs entités respectives. Cette démarche visait à recueillir les préoccupations de la population et à envisager des solutions pour renforcer la sécurité dans les différents quartiers.
Parmi les sujets évoqués figure la rumeur persistante sur la disparition présumée des organes génitaux chez certains hommes.
Selon les autorités communales, les vérifications menées sur les différents cas signalés n’ont permis de confirmer aucune disparition réelle.
« Nous avons analysé cette situation et nous avons compris que c’est juste une fiction. Dans tous les cas que nous avons vérifiés, les personnes qui se disaient victimes ont été examinées et leurs organes étaient bien présents », a déclaré Maître René Bulikoliko.
Le bourgmestre intérimaire affirme également que les personnes accusées dans ces affaires n’avaient aucun lien avec les faits qui leur étaient reprochés.
« Ceux qui sont présentés comme auteurs ne savent même pas ce qui est en train d’être dit contre eux. Nous sommes donc face à des fausses informations qui créent la psychose dans la population », a-t-il ajouté.
Face à cette situation, l’autorité communale a annoncé une série de mesures pour lutter contre la propagation de ces rumeurs.
Toute personne se déclarant victime ou accusant quelqu’un d’avoir fait disparaître son organe génital devra se présenter devant la police pour vérification.
« Désormais, présumée victime et présumé auteur seront tous conduits devant la police pour clarifier les faits. Si nous constatons que l’accusation est fausse, celui qui aura porté ces allégations s’exposera à une amende sévère pour dénonciation mensongère », a précisé le bourgmestre intérimaire.
Les autorités communales ont également mis en garde certaines personnes qui diffusent des messages ou des vidéos sur les réseaux sociaux au sujet de cette prétendue pratique.
« Il y a des jeunes qui se présentent comme tiktokers et qui relaient des messages affirmant que cette pratique est réelle.
Nous disons clairement que c’est faux. Ceux qui continueront à diffuser ces informations seront interpellés par la police et sanctionnés », a averti Maître René Bulikoliko.
Les chefs de quartiers et les cadres de base ont été appelés à sensibiliser la population afin de lutter contre la propagation des fausses informations qui alimentent la clameur publique.
La question de l’assainissement du milieu a également été abordée au cours de cette réunion. Le bourgmestre intérimaire a encouragé la population de Kadutu à poursuivre les travaux communautaires organisés chaque samedi dans les quartiers.
Enfin, les responsables locaux ont été invités à sensibiliser les habitants à dénoncer toute personne suspecte dans leur environnement afin de renforcer la sécurité dans la commune de Kadutu et ses périphéries.
Précisons que ces dernières semaines, des rumeurs sur la disparition supposée des organes génitaux d’hommes circulent dans certaines villes de l’est de la RDC, provoquant des cas de panique et de clameur publique.
Les autorités locales appellent la population à ne pas relayer des informations non vérifiées et à privilégier les voies officielles pour signaler tout incident.
Par Omeur Mudekereza