Lubumbashi, 26 février 2026. Une semaine après la signature de son partenariat avec la Banque Centrale du Congo en vue de constituer des réserves en or monétaire, DRC Gold Trading SA est passée de la parole aux actes.
L’entreprise publique a présenté, jeudi, son premier lot de lingots destiné à la réserve nationale, à l’occasion de l’inauguration de sa nouvelle succursale à Lubumbashi.
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, et du gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe.
Un siège à la hauteur des ambitions
Installée dans une double villa au design moderne, la nouvelle représentation de l’entreprise affiche clairement ses ambitions.
« Une société publique qui opère dans l’or ne pouvait pas se contenter d’une simple plaque à l’entrée », a résumé un responsable sur place.
Au-delà de l’esthétique, ce nouveau siège symbolise un changement de stature. Lubumbashi devient ainsi la dixième structure d’un réseau national en pleine expansion.
Un appel à la mobilisation des services techniques
Dans son allocution, le ministre des Mines a engagé l’ensemble des services techniques à accompagner la mission de l’entreprise publique :
« J’engage solennellement les services techniques du ministère des Mines, le SAEMAPE, le CNC, l’Inspection générale des mines, les services provinciaux compétents et les services de sécurité, non seulement à veiller à l’exécution des exigences établies, mais aussi à apporter un concours total, coordonné et permanent à la mission assignée à DRC Gold Trading SA », a déclaré Louis Watum Kabamba.
Tracer l’or artisanal et lutter contre la contrebande
Pensée dans la vision du chef de l’État, la stratégie de DRC Gold Trading SA vise à structurer le secteur de l’or artisanal, à lutter contre la fraude et à constituer de véritables réserves nationales.
Son directeur général, Me Joseph Kazibaziba Maombi, a rappelé l’évolution enregistrée ces dernières années :
« Avant 2023, la République démocratique du Congo n’exportait officiellement qu’entre 25 et 100 kilogrammes d’or artisanal par an. Pourtant, d’importantes quantités — estimées à plus de 75 tonnes, pour une valeur supérieure à 10 milliards de dollars — quittaient le territoire par des circuits frauduleux. En trois ans d’activité, DRC Gold Trading SA a permis de canaliser plus de 10 tonnes d’or dans le circuit officiel, générant plus de 1,5 milliard de dollars de rapatriements de devises par voie bancaire. »
Quelques jours seulement après la signature du contrat avec la Banque centrale, un premier lot de lingots est déjà prêt, matérialisant la volonté de constituer une réserve nationale.

Un appel aux exploitants artisanaux
Le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga a, de son côté, invité les acteurs du secteur à rejoindre le circuit officiel :
« J’invite solennellement tous les exploitants artisanaux, négociants et détenteurs de petites mines à travailler avec DRC Gold Trading SA. C’est une voie sûre pour valoriser leur production sans manipulation de balance ni dévaluation. »
Cap sur 2026
Après Lubumbashi, l’entreprise prévoit d’étendre son réseau à Mbujimayi et Kinshasa. L’objectif affiché par la direction est clair : capter 16 tonnes d’or en 2026.
Dans le secteur aurifère congolais, DRC Gold Trading SA ne cherche plus à se positionner. Elle affirme désormais son rôle d’acteur central dans la structuration et la formalisation du commerce de l’or artisanal.