Des affrontements ont repris avec vigueur depuis dimanche 22 février 2026 entre les troupes de l’AFC/M23, les Forces Armées de la République démocratique du Congo et les combattants Wazalendo dans plusieurs villages du groupement de Mubu, chefferie de Buhavu, sur les hauts plateaux du territoire de Kalehe.
Parmi les villages les plus touchés figurent Mahumbezi, Ngomboke, Kitendebiwa et Katasomwa, où les belligérants recourent aux armes lourdes et légères depuis trois jours, expliquent des habitants joints par notre rédaction.
La matinée du mardi 24 février 2026, les combats ont repris avec une forte intensité, obligeant des centaines d’habitants à fuir leurs villages, tandis que d’autres sont restés terrés dans leurs maisons. Alors que les écoles avaient ouvert leurs portes à Bushaku 1 et 2, de fortes détonations ont provoqué la panique. Les parents se sont précipités pour récupérer leurs enfants, tandis que les enseignants, comme d’autres paysans, ont dû prendre la fuite.
Les déplacés se sont dirigés vers des entités situées sur le littoral du lac Kivu ou vers d’autres villages jugés relativement sécurisés. Plusieurs témoignent de leur fatigue face à la persistance de la guerre.
Sous couvert d’anonymat, un habitant déplacé de Katasomwa plaide pour la cessation des hostilités :
« Ces affrontements ont encore commencé à Katasomwa depuis dimanche 22 février. Les bombes sont d’une intensité indescriptible. Certains restent enfermés dans leurs maisons, mais nous qui ne supportons plus, surtout à cause de la famine, nous cherchons où aller. Le problème, c’est que ceux qui combattent nous accusent d’être des collaborateurs de leurs adversaires. Nous voulons la paix. Nous ne pouvons plus travailler. La guerre nous fait trop souffrir. Nous voulons la paix », a-t-il indiqué.
Entre-temps, des défenseurs des droits humains dans la zone dénoncent le prélèvement de deux élèves de 4ᵉ année des humanités, portés disparus depuis le 19 février dernier. Les ravisseurs exigeraient une rançon.
Dans les localités de Katasomwa, Bushaku, Nyawaronga et ailleurs, les activités scolaires restent suspendues depuis lundi dernier en raison des affrontements récurrents. Plus de sept blessés par balles ont déjà été enregistrés. La zone demeure difficilement accessible, compliquant toute intervention, notamment l’assistance aux structures médicales ou l’évacuation des blessés vers des centres appropriés.
Des combats signalés également à Kabare
Dans le territoire de Kabare, précisément au village de Kahungu, dans le groupement d’Irhambi-Katana, d’autres combats ont éclaté tôt le matin du mardi 24 février 2026 entre les troupes de l’AFC/M23 et les combattants Wazalendo.
Sans donner plus de détails, des sources locales indiquent que les combats ont duré plusieurs heures, provoquant une forte psychose au sein de la population de ce village situé à proximité du groupement de Bugorhe, à travers le village de Tshibati, aux abords du Parc National de Kahuzi-Biega.
Les affrontements se sont ensuite déplacés jusqu’à Mulangala, dans le groupement de Bugorhe, jusque dans l’après-midi. Les paysans qui se rendaient aux champs ont dû rebrousser chemin, tandis que les petits marchés ont fonctionné au ralenti. Le calme est revenu plus tard dans la journée, permettant aux habitants de se ravitailler, concluent nos sources sur place.
Pas de répit dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga
Plus au sud, dans le territoire de Fizi, les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans plusieurs villages des hauts plateaux, notamment à Minembwe et dans les environs du territoire de Mwenga.
Ces affrontements ont été rapportés dans des villages autour de Minembwe, à la suite notamment de frappes aériennes attribuées aux Forces Armées de la République démocratique du Congo et à leurs alliés burundais, appuyés par des combattants Wazalendo, contre des positions des éléments Twirwaneho, alliés à l’AFC/M23.
Les combats ont été d’une forte intensité à Mikenge, en secteur d’Itombwe (territoire de Mwenga), ainsi qu’à Bidego et Irumba, deux villages environnant Minembwe.
Pour la journée du mardi 24 février 2026, des sources locales rapportent la poursuite des combats autour de Mulima et Mkoko, deux entités stratégiques donnant accès à l’axe Mwenga.
Sur le terrain, la situation demeure incertaine et les populations restent confrontées à une crise humanitaire de plus en plus préoccupante, selon des acteurs de la société civile dans la zone.
Par Etienne Mulindwa