A l’instar de plusieurs secteurs de la vie, celui de l’enseignement supérieur est affecté par des mutations dues à la situation sécuritaire et politique dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.
Les instituts supérieurs et universités ont repris les activités mais font face à plusieurs défis dont la diminution des effectifs des étudiants, la difficulté d’amener à Bukavu les professeurs visiteurs et les contraintes économiques du moment qui retardent le paiement des frais académiques.
Dans les universités et instituts supérieurs visités, les administrations ont repris timidement le 24 février 2025 et l’enseignement en début du mois de mars mais avec une baisse des effectifs des étudiants.
Pour les institutions dont les étudiants viennent majoritairement de l’intérieur de la province surtout les institutions et universités officielles ou étatiques, la baisse des effectifs est considérable.
Dans certaines promotions, les étudiants sont réduits de la moitié du nombre attendu. Avec les hostilités armées, beaucoup d’étudiants sont retournés chez eux et plusieurs ne sont plus rentrés à Bukavu, a constaté Radio Maendeleo.
Par ailleurs, chez les privés, les effectifs ont aussi diminué pour le motif du retour d’étudiants chez eux mais aussi à cause du départ de certains qui auraient quitté la ville de Bukavu avec leurs familles pour des destinations jugées plus propices.
En revanche, chez les officiels comme chez les privés, une frange consistante d’étudiants a abandonné délibérément car les parents se savent plus honorer les frais académiques suite à la crise économique perceptible dans tous les secteurs.
Même dans l’hypothèse ou les frais académiques sont disponibles, les moyens pour leur paiement sont compromis considérant que toutes les banques et autres institutions financières sont fermées.
Face à ce défi, certaines institutions autorisent déjà le paiement via mobile money, un système qui présente des défis notamment en ce qui concerne l’identification de l’étudiant au profit duquel une transaction de dépôt est effectuée.
Par ailleurs, d’autres étudiants bien que présents dans la ville de Bukavu hésitent encore à reprendre les cours par peur de voir la situation sécuritaire se dégrader indique une autorité académique d’une institution de la place.
Un autre défi se situe au niveau du fonctionnement des institutions qui connaitront une baisse de leurs recettes par défaut d’un paiement régulier des frais de scolarité.
En conséquence, certaines se retrouveront dans l’impossibilité d’assurer la paie de la prime locale ou la rémunération à l’endroit du personnel non mécanisé.
Au niveau de l’enseignement, les cours sont déjà dispensés normalement mais selon un enseignant contacté par Radio Maendeleo la psychose est visible dans les auditoires. Les étudiants sont de moins en moins concentrés avoue notre source.
Enfin, l’autre défi est l’arrivée des professeurs visiteurs en provenance de Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani et du Burundi dans un contexte de flottement de la situation sécuritaire dans les villes de Goma et de Bukavu.
Beaucoup des professeurs visiteurs pourraient ne pas arriver à Bukavu ce qui obligera les institutions à se ressourcer localement.
Concernant le calendrier académique, le secrétaire général académique d’une institution publique qui a requis l’anonymat estime que c’est tôt de penser qu’il connaitra une perturbation.
Les institutions ne sont pas en retard car beaucoup organisent encore les activités du premier semestre ajoute une autre source.
Par Expedit KYALU