Les autorités en place sont appelées à prendre des mesures sociales exceptionnelles adaptées au contexte de guerre et à la crise humanitaire au Sud-Kivu, afin de réduire les souffrances auxquelles est confrontée la population.
C’est notamment dans le secteur de l’énergie que la Société Nationale d’Électricité (SNEL) a mis en place de lourdes exigences pour accéder au système Cash Power, c’est-à-dire l’achat du courant électrique, pour ceux qui avaient des arriérés avant l’avènement de ce système.
Cette recommandation est formulée par le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix, dans une note d’indignation adressée aux autorités et transmise à la rédaction de Radio Maendeleo le week-end dernier.
Dans cette correspondance, la structure fait savoir que lors de l’achat du courant sous le système Cash Power, les abonnés ayant des arriérés sont contraints de payer 90 % du montant destiné à cette opération pour apurer ces arriérés, et ne reçoivent le courant qu’à hauteur de 10 %.
Elle estime également que les frais liés à l’acquisition de nouveaux compteurs sont élevés : 140 dollars pour l’achat des compteurs à prépaiement, alors que les frais d’installation sont entièrement supportés par les abonnés, contrairement à ce qu’avait annoncé la SNEL, en plus de 137 dollars pour le poteau électrique.
Pour le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix, cette situation est inadmissible, surtout pendant cette période où la population du Kivu vit sans activités génératrices de revenus.
Il précise que ces pratiques constituent une lourde charge pour la population, déjà vulnérable, et apparaissent comme une double peine.
À cet effet, le Collectif plaide pour la suspension ou le recouvrement différé des arriérés antérieurs à l’introduction du système Cash Power, mais aussi pour la réalisation d’un audit sur ces arriérés et sur l’affectation du montant déjà récolté.
Il demande également la révision à la baisse du coût des compteurs, ramené à 50 dollars, et rappelle que les compteurs étaient gratuits par le passé.
Le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix rappelle que l’électricité est un service public essentiel, surtout en période de crise, mais ne peut devenir un facteur supplémentaire d’exclusion et de précarité.
Par Hélène Bujiriri