Les rumeurs faisant état de disparition d’organes génitaux prennent de plus en plus de l’ampleur dans la province du Sud-Kivu.
Ces informations, largement relayées au sein des communautés, suscitent peur et inquiétude au sein de la population.
Actuellement, plusieurs cas supposés de disparition des organes génitaux sont déjà rapportés dans différents territoires du Sud-Kivu, mais cela tarde à être pris au sérieux par les autorités et les leaders communautaires.
Dans des images devenues virales sur les réseaux sociaux, des personnes présentées comme auteurs de ces actes sont torturées et d’autres soumises à la justice populaire. C’est le cas, par exemple, dans la ville de Baraka, à Fizi, où deux personnes ont déjà été tuées par des habitants en colère.
Selon des acteurs de la société civile, ces deux cas de justice populaire liés à ces accusations ont été enregistrés le mardi 3 mars dernier et l’une des victimes est un élève de 18 ans résidant dans la commune de Kalundja. Dans la soirée du même jour, un autre homme a échappé de justesse dans la même ville, ajoute la société civile.
Quelques mois auparavant, la même situation avait été rapportée dans le territoire de Shabunda et à Kamituga, en territoire de Mwenga. À ce jour, les mêmes rumeurs sont sur le point d’atteindre la ville de Bukavu.
Selon plusieurs messages partagés sur les réseaux sociaux, l’on parle des cas qui seraient déjà enregistrés dans les communes de Kadutu et Bagira.
S’exprimant sur ce sujet, la Coordination des mutualités des Bashi-Bahavu pour le développement (COMUBAD) appelle les autorités à s’impliquer pleinement afin d’éclairer l’opinion publique.
Elle insiste notamment sur la nécessité de diligenter des enquêtes sérieuses pour établir les faits et éviter toute propagation de fausses informations.
La Coordination des mutualités des Bashi-Bahavu pour le développement appelle également à la responsabilité collective afin de préserver la paix sociale et d’éviter toute stigmatisation ou violence injustifiée pouvant découler de ce phénomène.
Il met en garde contre les risques de justice populaire déjà signalés dans certains territoires à la suite de ces rumeurs, ce qui, selon lui, pourrait aggraver les tensions et menacer la cohésion sociale.
Par ailleurs, la Coordination des mutualités des Bashi-Bahavu invite la population à ne pas céder à la panique tout en encourageant chacun à privilégier les voies légales et les informations vérifiées.
Par Hélène Bujiriri