C’est depuis maintenant plus d’une semaine que les habitants de presque tous les huit territoires de la province du Sud-Kivu ne peuvent plus communiquer suite aux perturbations des réseaux téléphoniques.
Que ce soit par des appels simples, des messages ou encore via internet, aucune communication n’est possible entre les habitants.
Des témoignages concordants indiquent que, pour communiquer, certains plus courageux doivent se rendre sur des collines surélevées ou aux alentours des antennes des maisons de télécommunication pour trouver une petite connexion.
Désormais, les huit territoires de la province sont presque coupés du reste du monde suite à ces perturbations. Malgré les alertes lancées, aucune maison de télécommunication n’est arrivée à expliquer les raisons de ces perturbations, regrettent les défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile en province.
Cela occasionne d’importants manques à gagner, notamment pour ceux dont les forfaits expirent sans les avoir utilisés, pour ceux qui voudraient effectuer des transactions via le mobile money, mais aussi pour ceux qui voudraient communiquer avec leurs proches ou suivre l’évolution de leurs affaires à travers le téléphone.
Pour Cédric Machara, activiste des droits humains dans le territoire de Kalehe, il est important qu’une solution soit trouvée à cette situation, surtout en cette période d’incertitude sur le plan sécuritaire.
Propos soutenus par Emery Murhula, président de la société civile du groupement d’Irhambi-Katana en territoire de Kabare. Celui-ci rappelle que c’est depuis plus d’une semaine que les habitants ont des difficultés à communiquer, d’où l’urgence d’interpeller les responsables des maisons de télécommunication.
D’autres acteurs de la société civile et défenseurs des droits humains à Walungu, Idjwi, Mwenga et Shabunda estiment qu’il est anormal de priver toute une population de leur droit de communiquer et que rien ne soit dit à ce sujet par les autorités et les responsables des maisons de télécommunication.
Par Étienne Mulindwa
Perturbations des réseaux : les habitants du Sud-Kivu coupés du monde depuis une semaine