Une année après la prise de Goma par l’AFC/M23, le processus de paix engagé entre le gouvernement congolais et le mouvement reste fragile et partiel. Depuis avril 2025, les discussions de Doha constituent le principal cadre diplomatique direct pour tenter une sortie politique durable du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Un progrès significatif a d’abord été réalisé le 23 avril 2025 lorsque les deux parties publient une déclaration conjointe annonçant leur intention de travailler ensemble pour parvey whew une trêve suivie au mois de novembre d’un accord cadre sous la médiation qatarie.
Ce dernier repose sur huit protocoles mais seulement deux ont été signés à ce jour. Le premier prévoit l’échange des prisonniers sous la supervision internationale, tandis que le second concerne la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu.
Ces deux textes représentent les fondations du dialogue visant à créer un climat minimum de confiance entre les parties.
A ce jour, le point d’achappement reste la possibilité à poser les actes jusqu’à se faire mutuelle. Au sujet de cette quasi absence de confiance entre les parties pourtant un élément essentiel pour la poursuite des discussions, il faut noter également l’escalade de langage qui ne rassure pas car les discours demeurent violents.
Les six autres protocoles encore en attente portent sur des enjeux sensibles comme le rétablissement de l’autorité de l’État, la circulation des biens, le retour des déplacés, les garanties de sécurité et le repositionnement des combattants.
Des analystes diplomatiques estiment que l’avancement global du processus ne dépasseralt pas 25%, un rythme jugé trop lent face à l’urgence de stabiliser la région.
Plusieurs facteurs expliquent ce blocage. C’est entre autres la méfiance entre les parties qui se traduit par les hésitations à prendre des engagements irréversibles. Entre temps, le processus de Doha multiplie les rencontres et discussions techniques, mais les décisions concrètes tardent à se matérialiser, notamment pour les protocoles les plus politiques.
Pour les analystes, Doha est devenu un espace de gestion du conflit et de temps plutôt Qu’un lieu de résolution définitive.
D’un côté, Kinshasa attend le rétablissement de l’autorité de l’État la sécurisation des territoires touches alors que du côté de l’AFC/M23, les préoccupations portent sur la sécurité des combattants et la garantie du statut politique acquis à travers les accords.
Deux logiques différentes, qui nécessitent un arbitrage diplomatique et une mise en œuvre vérifiable des textes pour avancer.
Avec le probable lancement d’un dialogue ente congolais à Luanda en février prochain sous l’égide de l’Union Africaine, plusieurs observateurs s’interrogent sur les garanties de sa réussite dans un contexte de méfiance et de faible application des accords déjà signés aux Etats Unis comme au Qatar.
Un an après la chute de la ville de Goma, estiment des analystes, le processus de paix a été lancé et des bases ont été posées, mais il reste fragile et incomplet. Les avancées formelles n’ont pas encore été converties en changements tangibles à part le retrait de la ville d’uvira en début janvier 2026.
En attente des solutioes diplomatiques, l’option militaire étant presque écartée au regard des enjeux et réalités sur le terrain, les populations quant à elles espèrent à un retour effectif de la paix, la stabilisation des zones encore fragiles, le retour des déplacés et réfugiés ainsi qu’un programme large de réinsertion socio-économique des populations affectées en plus de la justice pour les victimes.
Par Omeur Mudekereza