Les pays africains sont appelés à développer et à soutenir une transition juste vers un système d’énergie propre, capable de générer des bénéfices socioéconomiques, de renforcer l’inclusion sociale et de favoriser l’autonomisation des populations.
Cette orientation ressort de l’analyse du professeur Claude Nyamugabo Bazibuhe dans un article consacré à la justice climatique et aux perspectives énergétiques du continent africain, consulté par la Rédaction de Radio Maendeleo mardi 10 février 2026.
Dans cette publication, Claude Nyamugabo rappelle que le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Sécheresses répétées, inondations, dégradation des terres, insécurité alimentaire et pressions sur les ressources en eau frappent déjà plusieurs régions africaines, alors que le continent demeure parmi les plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, fait-il observer.
Ceux qui contribuent le moins au réchauffement sont souvent ceux qui en subissent les effets les plus lourds, indique Claude Nyamugabo, qui estime que cela est une profonde injustice. Pour l’auteur, la réponse ne peut pas être uniquement environnementale. Elle doit être aussi politique, sociale et économique.
Il insiste sur la nécessité d’intégrer les principes d’équité, de participation citoyenne, de respect des droits humains et de prise en compte des groupes vulnérables dans toutes les politiques énergétiques.
Ainsi, les femmes, les communautés rurales, les jeunes et les populations marginalisées doivent être considérés non seulement comme bénéficiaires mais aussi comme acteurs de la transition.
L’article souligne également que l’Afrique possède d’immenses potentialités en énergies renouvelables comme le solaire, l’hydraulique, l’éolien et le géothermique, largement sous-exploitées à ce jour. Leur développement pourrait permettre d’élargir l’accès à l’électricité, de soutenir l’industrialisation, de créer des emplois et de réduire la dépendance aux combustibles fossiles coûteux, ajoute Claude Nyamugabo.
Il estime que cette transformation exige des investissements massifs, des réformes de gouvernance, un renforcement des capacités techniques et une meilleure coopération internationale.
L’auteur prévient que sans mécanismes financiers adaptés et sans transfert des technologies, les ambitions risquent de rester théoriques.
L’étude met également en lumière l’ampleur de la précarité énergétique en précisant que des centaines de millions d’Africains vivent encore sans électricité ni solutions modernes de cuisson, une réalité qui freine le développement humain et accentue les inégalités.
Pour le professeur Claude Nyamugabo Bazibuhe, la transition énergétique africaine ne sera véritablement réussie que si elle place la justice climatique au cœur de ses priorités et garantit que personne ne soit laissé de côté.
Par Omeur Mudekereza
Transition énergétique en Afrique : la justice climatique au cœur des priorités (Professeur Claude Nyamugabo)