Le trafic des véhicules, des motos ainsi que des piétons se poursuit, bien qu’avec plusieurs contraintes, entre Bukavu et Uvira, en passant par la plaine de la Ruzizi.
Des sources sur place rapportent que tout véhicule quittant Bukavu, via Kamanyola, Katogota et Luvungi, ne peut pas arriver directement à Uvira.
Tous les véhicules s’arrêtent au niveau de Runingu, première position des combattants Wazalendo, après avoir traversé celle des militaires de l’AFC/M23 au niveau de Kabunambo.
Une fois à Runingu, tous les passagers sont obligés de descendre pour se soumettre au contrôle sur ce poste tenu par les combattants Wazalendo. Si, officiellement, il s’agit d’un simple contrôle de routine, des témoins rapportent que chaque passager est contraint de verser une somme d’argent avant de pouvoir continuer.
Les passagers disposant de colis, quant à eux, sont obligés de payer une somme pouvant atteindre 10 000 CDF, explique l’un d’eux, joint par Radio Maendeleo.
Pour faire traverser leurs effets entre les deux barrières – celle tenue par les Wazalendo et celle des FARDC, quelques mètres après Runingu – les passagers font recours aux transporteurs locaux, communément appelés canistes, qui utilisent des vélos et exigent également un paiement pour ce service.
C’est seulement après ce contrôle que les passagers peuvent embarquer dans d’autres véhicules pour enfin rejoindre la ville d’Uvira, expliquent nos sources sur place.
Sur le plan économique, dans la région située entre Luvungi, Sange et Kiliba, toujours dans la plaine de la Ruzizi, la situation reste intenable et le relèvement des populations se fait toujours attendre.
Des habitants, vivant essentiellement de l’agriculture, n’ont pas réussi à entretenir les cultures mises en terre en septembre 2025, à la suite des combats violents, obligeant des milliers de personnes à fuir vers le Burundi voisin ou vers des villages plus éloignés.
Certains habitants déjà retournés font face à une crise alimentaire sans précédent, et les activités économiques tournent au ralenti, expliquent nos sources dans la zone. Entre-temps, d’autres restent dans leurs lieux de déplacement ou de refuge, estimant que la situation demeure volatile au regard des positions des uns et des autres.
Par Étienne Mulindwa
Trafic et situation humanitaire compliqués entre Bukavu et Uvira dans la plaine de la Ruzizi