Les femmes qui vendent le long des tronçons routiers sont appelées à quitter ces espaces et à regagner les différents marchés aménagés, afin d’éviter de s’exposer aux accidents ainsi qu’aux traitements parfois humiliants infligés par les services chargés de lutter contre les marchés pirates.
Cet appel est lancé par la secrétaire exécutive du caucus des femmes pour la paix, Solange Lwashiga, au cours d’un entretien accordé à RADIO MAENDELEO, lundi 23 février 2026.
Selon elle, le fait pour ces femmes d’exercer le long des routes et sur la chaussée les expose à des actes dégradants de la part des services de l’ordre. Elle cite notamment la confiscation de leurs marchandises, souvent emportées, jetées à même le sol ou piétinées. Elle dénonce également des cas de femmes fouettées, voire torturées, des actes qu’elle qualifie de contraires aux droits humains.
Solange Lwashiga rappelle que c’est en regagnant les marchés reconnus et d’autres espaces appropriés que ces vendeuses pourront se mettre à l’abri de tels abus.
Tout en saluant la volonté des autorités de mettre fin aux marchés pirates dans la ville de Bukavu, elle estime qu’il est possible d’y parvenir sans porter atteinte à l’intégrité physique, à l’honneur ou aux droits de ces femmes.
Par ailleurs, elle encourage les démarches entreprises par les autorités pour aménager certains espaces, notamment le marché dit de la Libération situé dans la concession de la SNCC, et plaide pour la poursuite de ces initiatives jusqu’à la construction de marchés modernes.
Enfin, Solange Lwashiga appelle les présidents des différents marchés à organiser des séances régulières de sensibilisation à l’intention de ces femmes, afin de les conscientiser sur les dangers liés au commerce le long des routes, mais aussi d’assouplir les conditions d’accès aux emplacements au sein des marchés existants.
Par Mapendo Linda
Marchés pirates à Bukavu : le caucus des femmes plaide pour une approche respectueuse des droits humains