Le trafic des engins roulants reste suspendu entre la ville de Bukavu et celle d’Uvira, au niveau de Rusambara, non loin de Runingu, sur la Route nationale numéro 2 dans la plaine de la Ruzizi.
Annoncée par les Forces armées de la RDC et les Wazalendo depuis tôt le matin du dimanche 15 mars, cette décision est entrée dans son deuxième jour d’effectivité.
Alors que les chauffeurs des agences exploitant le trajet Bukavu–Uvira et vice-versa étaient déjà arrivés dans la zone, ces derniers ont été sommés de retourner. Selon des sources locales, ces chauffeurs et leurs passagers ont dû passer la nuit à Sange en espérant que les FARDC reviendraient sur leur décision afin de leur permettre de rejoindre Uvira.
N’ayant reçu aucun écho, ils ont été obligés de rebrousser chemin, certains vers Kamanyola et d’autres vers Bukavu, d’où ils étaient partis, témoignent certains d’entre eux contactés.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités ayant pris cette décision. Toutefois, certaines sources évoquent des raisons sécuritaires, notamment des mouvements inhabituels de militaires dans cette partie du territoire d’Uvira sous contrôle du gouvernement central.
Sur place à Sange, tout comme à Kiliba, la situation reste calme. Cependant, seules les femmes et les enfants sont autorisés à traverser, à pied, vers les barrières situées dans les zones sous contrôle de la coalition FARDC–Wazalendo, explique un correspondant occasionnel de Radio Maendeleo dans la zone.
La situation est similaire dans le territoire de Shabunda. En effet, depuis plus d’une semaine, le trafic y est de nouveau suspendu. Alors que les premières motos étaient arrivées à Isezya et à Kigulube après une première suspension qui avait duré plus de six mois, donnant ainsi un espoir à la population meurtrie, cette joie n’aura été que de courte durée.
Quelques jours seulement après, soit le 5 mars dernier, les FARDC et les Wazalendo ont à nouveau interdit tout mouvement des engins. Un jour plus tard, une série d’attaques a été lancée contre les positions de l’AFC/M23 à Lubimbe et Kibandamangobo.
Depuis lors, aucune moto ni aucun véhicule n’a pu traverser Nzibira pour prendre la direction de Shabunda. Au contraire, les transporteurs qui avaient tenté d’avancer ont été contraints de rebrousser chemin, loin des lignes de front.
C’est à la suite de cette détérioration de la situation sécuritaire que les troupes de l’AFC/M23 auraient, à leur tour, décidé d’interdire le passage des véhicules, des motos, voire des piétons, en attendant une amélioration de la situation, expliquent des sources locales.
Par Étienne Mulindwa
Sud-Kivu : le trafic toujours suspendu sur l’axe Bukavu–Uvira et vers Shabunda pour des raisons sécuritaires