Une motion de censure contre le gouverneur du Sud-Kivu, basé à Uvira, Jean Jacques Purusi, a été déposée par un groupe de députés provinciaux dans l’après-midi du mardi 21 avril 2026.
Portée par le député Karume Bahige Jean, élu du territoire de Mwenga pour le compte de l’UDPS, cette initiative parlementaire a déjà recueilli 18 signatures.
Dans une communication faite après le dépôt de la motion au bureau de l’Assemblée provinciale à Uvira, les motionnaires reprochent à Jean Jacques Purusi une légèreté dans la gestion de la partie de la province du Sud-Kivu sous contrôle de Kinshasa.
Ils indiquent qu’aucun projet réel n’a été réalisé depuis plus d’une année, depuis que le siège des institutions provinciales a été délocalisé à Uvira après la chute de Bukavu aux mains de l’AFC/M23, ainsi qu’une gestion opaque des finances provinciales.
Les motionnaires insistent en précisant qu’il s’agit d’une initiative de contrôle visant à ramener de l’ordre et non d’un acharnement. Ils demandent au bureau de l’Assemblée de respecter la procédure en invitant le gouverneur Jean Jacques Purusi afin qu’il s’explique devant la représentation provinciale.
Parmi les signataires figurent notamment des députés comme Sangwase Mushagalusa, élu de Walungu sous le label de l’UNC ; Baseme Luvuga John dit « billionnaire », élu de Bukavu pour le compte de l’APOCM ; Bumbu Malithe Job, élu de Fizi ; Christian Longangi, coopté comme chef coutumier en territoire de Mwenga ; Balungwe Fungulo Lebon, élu de l’UNC en territoire de Kalehe ; Rusamaki Ngarusi Ngarusi David de l’UDPS élu de Kabare ; ainsi que Mugisho Birhenjira Espoir, élu sous le label de l’ANCE en territoire de Walungu.
Mais cette motion suscite déjà une forte controverse dans un contexte marqué par une crise sécuritaire et ce que plusieurs qualifient de cabale contre Modeste Bahati Lukwebo, contraint à la démission du poste de deuxième vice-président du Sénat, ou encore contre son parti l’AFDC, qui serait au bord d’un nouveau dédoublement.
Certains estiment par ailleurs que l’initiative est inopportune au regard du contexte sécuritaire encore fragile, marqué par l’activisme des hommes armés incontrôlés à Uvira comme dans plusieurs zones du Sud-Kivu, mais aussi dans l’attente d’une réunification du pays si des accords parvenaient à être signés.
Ayant tous fui la province, certains analystes estiment que les membres du gouvernement provincial tout comme ceux de l’Assemblée provinciale devraient prioriser les actions visant le retour de la paix, tout en travaillant pour la cohésion sociale entre les communautés.
Entre-temps, cette motion intervient alors qu’un acte d’engagement avait été signé en 2025 entre les présidents des Assemblées provinciales, leurs bureaux et les gouverneurs, pour instaurer un moratoire sur les motions visant les exécutifs provinciaux, dans la perspective de la stabilité des institutions. Des instructions avaient alors été données pour le renforcement des mécanismes de suivi et d’alerte contre ces manœuvres, et des ateliers avaient même été organisés pour définir des protocoles de bonne gouvernance et limiter les abus de pouvoir dans les provinces.
Par Etienne Mulindwa