Des cas de malformations chez les enfants nouveau-nés, de morts fœtales et d’avortements seraient actuellement en hausse dans certaines zones de santé de la province du Sud-Kivu.
Des sources médicales ayant alerté Radio Maendeleo sous couvert d’anonymat renseignent que ces cas concernent principalement les zones où des combats ont été d’une violence intense, avec un recours aux bombes et aux drones militaires.
Dans la ville d’Uvira, par exemple, et ses périphéries, des témoignages concordants parlent de plusieurs femmes dont les grossesses ont été interrompues, d’enfants qui naissent avec des malformations et d’autres qui ne semblent pas développer normalement leurs facultés.
En plus des bombardements armés, la situation se serait aggravée avec des déplacements forcés, provoquant ainsi l’anxiété et le stress, ainsi que des difficultés d’accès aux structures sanitaires en cas de détresse.
Pour ce qui est de la ville d’Uvira, le plus grand nombre de cas aurait été enregistré dans la commune de Kalundu. Certaines organisations de la société civile dans d’autres zones évoquent des cas similaires, mais, en l’absence des capacités nécessaires pour mener les enquêtes, plusieurs cas restent non documentés.
Plusieurs femmes contactées plaident pour leur sécurité pendant cette période, mais aussi pour l’amélioration de leur accès aux soins maternels dans les zones affectées par les conflits.
Pour le Dr Sylvie Mwambali, gynécologue à l’hôpital de Panzi, les périodes de guerre et de conflits armés exposent les femmes enceintes à plusieurs facteurs de risque.
Elle parle notamment de l’exposition aux rayonnements ionisants, qui peuvent affecter le développement du fœtus et augmenter le risque de retard de croissance, de troubles du développement du cerveau, de malformations et même de perte de grossesse.
Le Dr Sylvie Mwambali recommande ainsi le dépistage précoce des anomalies fœtales, lorsque les moyens médicaux le permettent, afin d’assurer un meilleur suivi de la grossesse, d’anticiper les complications et d’orienter les patientes vers des services spécialisés.
Elle appelle également les autorités à mettre en place un programme spécial en faveur des femmes enceintes et des personnes déplacées vivant dans les zones touchées par les conflits.
Le Dr Sylvie Mwambali insiste sur la nécessité de renforcer la protection des populations civiles contre les effets des conflits et de contrôler strictement l’utilisation de substances ou équipements potentiellement dangereux pour la santé.
Par Myriam Mufano