Malgré l’annonce de la libération par Kinshasa de 15 prisonniers sur la liste de ceux réclamés par l’AFC-M23, le processus de Doha qui réunit sur la table des négociations le gouvernement de la république et ce mouvement avance à pas de tortue.
En clair, les deux parties ne se sont plus réunies formellement depuis plus de 3 mois, les engagements pris à ce stade peinent à se concrétiser et plus de 6 protocoles attendent encore la validation des concernés.
Radio Maendeleo analyse l’état d’avancement de ce processus, les réalisations mi-parcours, les points de blocage et les perspectives envisageables.
En effet, la dernière réunion formelle entre l’AFC/M23 et le gouvernement de la république s’était tenue la mi-avril précisément du 13 au 17 avril à Montreux en Suisse.
Il s’agissait du 9ème round des négociations au terme duquel les parties se sont accordées sur l’urgence d’une aide humanitaire et la protection des biens essentiels des populations civiles.
Les deux parties ont également acté l’opérationnalisation du Mécanisme Conjoint de Vérification Elargi Plus, dont les premières missions de surveillance du cessez-le-feu devraient débuter dans un délai d’une semaine avec l’appui logistique de la MONUSCO. Elles s’étaient en outre engagées à procéder, dans les dix jours, à une libération de prisonniers, précise le communiqué final qui a sanctionné lesdits travaux.
Au mois de Mai, l’AFC/M23 avait annoncé remettre au CICR des prisonniers en accusant le gouvernement de la RDC de ne pas exécuter sa part de la convention.
Avec cette récente libération de 15 prisonniers réclamés par l’AFC-M23 est inscrite dans la dynamique des actes de bonne foi manifestés à son tour par le gouvernement de la RDC plus de 3 mois après le round de Montreux.
En revanche, alors qu’il était prévu les premières missions conjointes de surveillance du cessez le feu dans un délai d’une semaine à dater du 17 avril, c’est seulement le 13 juillet que 3 officiers des Forces Armées de la RDC sont arrivés à Goma pour ce motif.
Malgré cette arrivée, les travaux de surveillance n’ont pas encore démarré, indiquent plusieurs sources.
En cause, l’expulsion par l’AFC/M23 de l’un de ces trois officiers congolais des FARDC l’accusant d’être un ancien membre des renseignements militaires.
Concernant l’accès humanitaire et la protection des biens essentiels des populations civiles, il s’observe encore des affrontements entre parties combattantes entrainant des déplacements et souvent le bombardement des entités densement peuplées au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
Par ailleurs, alors qu’il était prévu la signature de 8 protocoles dans le cadre de l’accord de paix entre les deux parties, seuls 2 ont été signés à ce jour.
Il s’agit précisément du protocole pour la libération des prisonniers signé le 14 septembre 2025 et le mécanisme de surveillance et vérification du cessez le feu signé le 14 octobre 2025.
Au neuvième round, les échanges autour de l’accès humanitaire et la protection judiciaire avaient été amorcés mais la signature du protocole n’était pas intervenue.
Au-delà de cette formalité, les deux parties doivent encore discuter sur des matières telles que la restauration de l’autorité de l’Etat, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés locaux et la neutralisation des groupes armés étrangers.
D’aucuns pensent que certaines de ces matières peuvent figurer au menu du prochain dialogue entre congolais mais il s’entretient toujours un flou autour de la participation de l’AFC/M23 auxdites assises et les conditions de leur organisation.
Plusieurs acteurs sociaux continuent d’appeler les deux parties à privilégier l’intérêt des populations en signant un accord de paix qui faciliterait la réouverture des banques et des aéroports ainsi que la relance de l’administration publique.
A ce stade, ni le médiateur qatari, ni le modérateur américain, ni les deux parties n’ont communiqué sur les prochaines échéances des discussions ce qui plonge les populations affectées par les conflits dans l’impasse et le désespoir.
Par la Rédaction