Dans les territoires d’Idjwi, Kabare, Mwenga, Shabunda, Uvira, Fizi, Walungu et Kalehe, la rentrée scolaire du 1er septembre 2026 a été vécue différemment, selon les zones touchées par les affrontements armés et celles ayant accueilli des populations déplacées.
Dans les zones non directement affectées par les conflits, ou relativement stabilisées après les troubles, la reprise des cours a été timide, selon des sources locales.
C’est notamment le cas dans une bonne partie des territoires de Kabare, Walungu, Idjwi, Kalehe et Mwenga. Dans plusieurs écoles, les responsables ont profité des rassemblements matinaux pour inviter les élèves présents à encourager leurs camarades à reprendre, eux aussi, le chemin de l’école dans les meilleurs délais.
Dans les zones où les populations ont fui ou continuent de fuir les affrontements armés, en revanche, plusieurs écoles sont restées désertes. Certaines ont été détruites par des obus, tandis que d’autres ont été occupées par des personnes déplacées qui auraient utilisé les pupitres et d’autres équipements scolaires comme bois de chauffe.
C’est notamment le cas dans le groupement de Ziralo, en territoire de Kalehe, où les populations sont en débandade. Certaines se sont réfugiées dans la brousse, d’autres ont rejoint les territoires de Masisi et Walikale, au Nord-Kivu, tandis que d’autres encore se sont dirigées vers des zones jugées relativement stables sur le littoral ou à la lisière du Parc national de Kahuzi-Biega.
Les défenseurs des droits humains dans cette zone décrivent une situation de plus en plus difficile pour les personnes déplacées. Ils plaident pour le retour de la paix et l’octroi d’une assistance humanitaire d’urgence.
Des écoles toujours occupées par les déplacés
Dans les zones ayant accueilli des populations déplacées, plusieurs dizaines d’écoles restent occupées par des familles ayant fui les zones de combats.
C’est notamment le cas à Tchofi et Lemera, en territoire de Kalehe, ainsi qu’à Mabingu, dans le groupement d’Irhambi-Katana, en territoire de Kabare.
À Mabingu, deux établissements, l’EP Kalimabenge et l’Institut Lemera, sont toujours occupés par des personnes déplacées. Malgré l’arrivée de quelques élèves, l’accès aux salles de classe n’a pas été possible, explique Zairois Mupanda Lundi, responsable d’une Église locale.
Dans le groupement de Mulamba, en territoire de Walungu, la rentrée scolaire n’a pas non plus été effective, selon la société civile locale.
Des centaines de familles restent en débandade après les affrontements de la semaine dernière. Les quelques familles retournées ne disposent pas de moyens suffisants pour acheter des fournitures scolaires à leurs enfants. La société civile signale également que certains enseignants ne sont toujours pas revenus dans la zone.
Par Etienne Mulindwa