À moins d’un mois de la rentrée académique 2026-2027, prévue le 15 octobre, plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur concernés par la suspension des activités académiques tournent au ralenti à Bukavu. Les bureaux restent ouverts, mais les étudiants se font rares et l’incertitude persiste sur la suite de leur parcours.
Des établissements presque déserts
La rentrée académique 2026-2027 peine à prendre forme dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur concernés par la mesure de suspension provisoire des activités académiques.
Une ronde effectuée par Radio Maendeleo le jeudi 17 septembre 2026 dans plusieurs institutions concernées révèle une situation inhabituelle, à quelques semaines de la date annoncée pour la rentrée.
Dans les établissements visités, les bureaux administratifs, notamment ceux chargés des inscriptions, restent ouverts. Mais l’affluence attendue n’est pas au rendez-vous.
Les campus sont presque déserts. Quelques étudiants seulement sont présents, certains pour suivre les cours encore organisés, travailler ou consulter les résultats de la première session affichés sur les valves.
Forte baisse des nouvelles inscriptions
Cette faible fréquentation contraste avec la situation qui prévalait avant la décision de suspension.
Dans plusieurs établissements, les inscriptions pour l’année académique 2026-2027 avaient déjà commencé. Depuis l’annonce de la mesure, les nouveaux candidats se font cependant beaucoup plus rares.
Un responsable des inscriptions rencontré par Radio Maendeleo témoigne de cette baisse :
« Juste avant la décision, nous avions déjà enregistré 34 nouveaux étudiants, mais depuis la prise de la mesure, nous n’en avons que 4. »
Cette situation traduit les hésitations de nombreux candidats qui ne savent toujours pas clairement dans quelles conditions ils pourront entamer leur nouvelle année académique.
Des étudiants confrontés à des démarches bloquées
Les difficultés concernent également les étudiants ayant achevé leur année académique en première session et qui souhaitent récupérer leurs relevés de notes afin de poursuivre leur formation dans d’autres établissements.
Certains témoignent avoir été invités à revenir plusieurs semaines plus tard pour récupérer leurs documents. Dans certains établissements, ce délai pourrait aller jusqu’à un ou deux mois.
Ces retards compliquent les démarches de ceux qui envisagent un changement d’établissement et doivent constituer leurs dossiers dans les délais.
Quitter son établissement n’est pas une option pour tous
À l’inverse, certains étudiants encore en formation souhaitent rester dans leurs établissements actuels.
C’est notamment le cas de ceux qui approchent de la fin de leur cursus et qui estiment avoir déjà consacré plusieurs années à leur formation.
Pour ces étudiants, changer d’établissement à ce stade pourrait entraîner de nouvelles contraintes et des incertitudes sur la poursuite de leur parcours.
L’année 2025-2026 toujours en cours
Pendant ce temps, certaines institutions n’ont pas encore totalement achevé l’année académique 2025-2026.
Selon les promotions, des étudiants attendent encore les examens de deuxième session, tandis que d’autres les ont déjà commencés ou terminent leurs derniers cours.
Sur plusieurs tableaux d’affichage, Radio Maendeleo a également constaté la publication des résultats des étudiants finalistes.
Cette situation crée un décalage entre la fin de l’année académique 2025-2026, qui se poursuit encore dans certains établissements, et la rentrée 2026-2027, dont les préparatifs restent limités.
Une situation liée à la suspension des activités académiques
Cette situation intervient après la nomination, par les autorités de l’AFC/M23, de nouveaux responsables au sein des comités de gestion de plusieurs établissements d’enseignement supérieur.
Ces nominations ont été contestées par les autorités de Kinshasa, qui ont décidé de suspendre provisoirement les activités académiques pour l’année 2026-2027 dans les établissements concernés.
La mesure a notamment affecté les inscriptions, les réinscriptions et la reprise normale des activités académiques dans les institutions concernées.
Le 15 octobre toujours attendu
Alors que la rentrée académique est prévue pour le 15 octobre 2026, aucune dynamique comparable à une rentrée imminente n’est réellement perceptible dans plusieurs établissements visités par Radio Maendeleo.
Entre la baisse des inscriptions, les difficultés d’accès aux documents académiques et la poursuite de certaines activités de l’année précédente, de nombreux étudiants restent dans l’attente de clarifications sur la poursuite de leur formation.
Pour ces derniers, l’enjeu est désormais de savoir dans quel établissement et dans quelles conditions ils pourront poursuivre leur parcours académique pour l’année 2026-2027.
Par Omeur Mudekereza