L’archevêque métropolitain de Bukavu, Monseigneur François-Xavier Maroy Rusengo, appelle les autorités congolaises et celles du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), ex-AFC/M23, à éviter de faire de l’éducation et des services sociaux des instruments de règlement de comptes.
« N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ de bataille pour vos règlements de comptes. Soyez des parents responsables, soucieux de l’avenir de la patrie », exhorte le prélat catholique dans une lettre ouverte consultée par Radio Maendeleo le vendredi 16 octobre 2026.
Dans cette correspondance, il plaide pour que les parents, les élèves, les étudiants et les enseignants puissent clôturer sereinement l’année scolaire et académique 2025-2026, puis entamer paisiblement celle de 2026-2027, de la maternelle jusqu’au doctorat.
Cette prise de position intervient après les nominations effectuées par l’AFC/M23 au sein des comités de gestion de plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire à Goma et à Bukavu. Selon la lettre de l’archevêque, ces nominations ont été annoncées les 29 mai et 25 juin 2026, avant d’être étendues, le 7 août, aux comités de gestion de dix universités et établissements d’enseignement supérieur dans les deux villes.
En réaction, le ministère national de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a condamné ces nominations, sanctionné les membres du personnel concernés et ordonné la fermeture des institutions touchées.
Monseigneur François-Xavier Maroy estime que cette décision constitue une charge supplémentaire pour les familles déjà éprouvées par la crise sécuritaire et socio-économique. Il déplore que les différends entre les parties compromettent l’éducation et les conditions d’apprentissage des jeunes Congolais.
L’archevêque plaide également pour un dialogue inclusif entre Congolais. Il salue les efforts de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la cohabitation pacifique dans la région des Grands Lacs.
Évoquant les trois décennies de conflits qui ont endeuillé la sous-région, le prélat rappelle que les populations vivant de part et d’autre des frontières sont les principales victimes de ces violences.
« Que le plus soucieux du bonheur de ce peuple et de la paix durable dans ce pays remette le premier son épée dans le fourreau, son adversaire suivra et la paix régnera dans toutes nos structures d’enseignement », écrit-il.
Monseigneur François-Xavier Maroy appelle enfin tous les acteurs concernés à faciliter la reprise et la poursuite normales des activités scolaires et académiques, afin de permettre aux enfants et aux jeunes de continuer leur formation dans la concorde, malgré la crise.
Par Omeur Mudekekereza