Deux semaines après le lancement officiel de la rentrée académique dans les zones sous contrôle du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), ex-AFC/M23, les activités se déroulent différemment selon les établissements. Dans les institutions concernées par la mesure de suspension prise par Kinshasa, la reprise reste timide, tandis que les cours se poursuivent normalement dans celles qui ne sont pas concernées.
Dans certains établissements visés par cette mesure, les cours n’ont pas encore commencé pour les étudiants de première année de bachelier (Bac 1) et des classes préparatoires. D’autres organisent un encadrement minimum.
Malgré les appels à l’inscription, les effectifs restent faibles. Certaines institutions n’ont pas encore atteint le quart du nombre d’étudiants habituellement inscrits au début de l’année académique. Cette situation contraint les responsables à organiser des enseignements en tronc commun, regroupant dans un même auditoire les étudiants de différentes filières lorsque les cours sont similaires.
Dans d’autres établissements, les nouveaux étudiants n’ont toujours pas reçu leurs horaires de cours, deux semaines après la rentrée. Ailleurs, les activités d’accueil et d’intégration se poursuivent.
Selon les témoignages recueillis, aucune des institutions concernées n’a encore atteint 200 nouveaux inscrits. Certains étudiants déjà inscrits ne se sont pas non plus présentés sur les campus.
Rencontré dans l’un de ces établissements, un étudiant de troisième année de bachelier exprime son inquiétude quant à l’issue de cette année académique. Après deux années passées à l’université, il affirme n’avoir jamais connu une telle situation, marquée par un faible engouement en début d’année.
Il redoute notamment les conséquences pour les étudiants dont les parents n’ont pas les moyens financiers de les envoyer poursuivre leurs études ailleurs. Il appelle ainsi les autorités à tous les niveaux à prendre conscience de la situation et à contribuer à son dénouement.
De son côté, le professeur Désiré Lumonge, secrétaire général académique de l’Institut supérieur pédagogique de Bukavu (ISP), invite les étudiants à ne pas céder à la peur et à rejoindre leurs camarades dont les cours ont déjà commencé.
En parallèle, certaines activités académiques se poursuivent dans les établissements concernés, notamment les enseignements en master et les soutenances publiques des étudiants ayant été orientés vers la deuxième session.
Dans les institutions non concernées par la mesure de suspension, l’affluence est en revanche plus importante et les cours se poursuivent sans interruption.
C’est ce qu’a constaté Radio Maendeleo lors d’une descente sur le terrain mercredi 28 octobre 2026.
Par Etienne Mulindwa