Treize mois après son lancement, le processus de paix de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 affiche un taux de mise en œuvre de seulement 18,6 % de ses engagements. Sur les 350 points évalués, 65 ont été réalisés, selon le rapport d’évaluation du Baromètre des Accords de Paix en Afrique, couvrant la période de juillet 2025 à août 2026.
Trois mécanismes au cœur de l’évaluation
Le rapport analyse trois principaux instruments : le mécanisme de libération des détenus, le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu, ainsi que l’Accord-cadre de Doha pour un accord de paix global.
Concernant la libération des détenus, le mécanisme affiche un taux de mise en œuvre de 25 %. Toutefois, nuance le rapport, sur les 477 personnes identifiées par les parties comme éligibles pour le compte de l’AFC/M23, seuls 15 détenus ont été libérés, soit un taux d’exécution de 3,1 %.
La supervision du cessez-le-feu toujours limitée
Le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu atteint, lui, 17,3 %, indique le Baromètre des Accords de Paix en Afrique.
Selon le rapport, sa pleine opérationnalisation reste freinée par plusieurs difficultés, notamment la désignation des représentants, les procédures et le déploiement des équipes.
Néanmoins, une première mission de terrain dans le cadre du mécanisme conjoint de vérification élargi a été menée à Minembwe le 24 août 2026.
Six protocoles encore en négociation
Par ailleurs, l’Accord-cadre de Doha affiche un taux de mise en œuvre de 16,7 %. Sur les huit protocoles prévus, deux ont déjà été conclus et intégrés à l’accord, tandis que les six autres restent en négociation.
La méfiance et les hostilités parmi les principaux obstacles
Le rapport relève plusieurs obstacles, notamment la persistance de la méfiance entre les parties, la poursuite des hostilités, la lenteur des négociations et les retards dans la libération des détenus.
Il évoque également les difficultés humanitaires et socioéconomiques, ainsi qu’une coordination encore insuffisamment formalisée entre les processus de Doha et de Washington entre la RDC et le Rwanda.
Des avancées malgré un faible niveau d’exécution
Malgré ce faible niveau d’exécution, le Baromètre des Accords de Paix en Afrique note quelques avancées.
Il cite notamment la mise en place des principaux mécanismes juridiques et institutionnels, les consultations de Montreux en avril et août 2026, ainsi que l’implication croissante des États-Unis, de l’Union africaine, du Qatar, du Togo, de la Suisse, de la CIRGL et de la MONUSCO dans les efforts de paix.
Par Omeur Mudekereza