À moins de trois semaines de la rentrée académique annoncée pour le 15 octobre prochain, le Collectif des enseignants, chercheurs, étudiants, cadres scientifiques et intellectuels de Bukavu et Goma alerte sur la situation de l’enseignement supérieur et universitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le Collectif exige notamment le retrait des décisions, nominations et autres actes de l’AFC/M23 dans les établissements d’enseignement supérieur, publics comme privés. Il demande également la levée des mesures de suspension des activités académiques et administratives prises par le gouvernement de Kinshasa.
Deux exigences avant la rentrée académique
Dans un communiqué publié le week-end dernier, le Collectif estime que ces deux conditions sont nécessaires pour permettre une reprise normale des activités académiques, éviter une année blanche et préserver, selon lui, la valeur légale des titres académiques délivrés dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Le Collectif appelle ainsi les différentes parties concernées à trouver une issue à la crise qui affecte actuellement le fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur et universitaire dans les deux provinces.
Des inquiétudes autour de la viabilité des établissements
La structure alerte également sur l’aggravation de la situation dans le secteur, notamment après les dernières instructions de l’AFC/M23 classant certains établissements publics et privés comme « viables », « moyennement viables » ou « non viables ».
Selon le Collectif, cette classification risque de réduire davantage les possibilités offertes aux étudiants de poursuivre leurs études dans leur milieu de vie.
Il souligne que de nombreuses familles ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour envoyer leurs enfants poursuivre leurs études à Kinshasa, à Lubumbashi ou à l’étranger.
Le personnel académique également dans l’incertitude
Le Collectif affirme que la situation affecte aussi le personnel académique et administratif.
Des incertitudes subsisteraient notamment autour de la paie et de la continuité des activités des professeurs, chercheurs et agents administratifs travaillant dans les établissements concernés.
Pour le Collectif, ces difficultés risquent de compromettre davantage le fonctionnement du secteur et d’avoir des répercussions sur l’année académique à venir.
Une pétition dépasse les 2 000 signatures
Lancée il y a environ deux semaines, la pétition initiée par le Collectif pour la sauvegarde de l’enseignement supérieur et universitaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu a franchi la barre de 2 000 signatures, selon ses initiateurs.
Le Collectif considère cette mobilisation comme un signe d’intérêt autour de la situation de l’enseignement supérieur dans les deux provinces.
Il remercie les médias de Bukavu et de Goma pour avoir relayé son initiative et appelle davantage de personnes à soutenir la pétition par leur signature, avec l’objectif d’atteindre le nombre requis et de faire entendre ses revendications auprès des différentes parties.
À l’approche de la rentrée académique annoncée pour le 15 octobre, l’avenir des activités d’enseignement supérieur et universitaire demeure ainsi au centre des préoccupations du Collectif, qui appelle à des mesures permettant de préserver la continuité de la formation des étudiants dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Par Omeur Mudekereza