Plusieurs avenues de la ville de Bukavu restent confrontées à une importante accumulation de déchets, transformant certains espaces de transit en véritables dépotoirs à ciel ouvert. L’absence d’évacuation régulière de ces immondices pollue progressivement l’environnement, dégrade le cadre de vie et fait craindre une aggravation des risques d’inondation et de maladies liées à l’eau. Dans plusieurs quartiers, des tas de déchets restent entassés pendant plusieurs jours, voire plusieurs mois, sur des sites pourtant destinés à leur transit. Avec le temps, ces dépôts dégagent des odeurs nauséabondes et occupent de plus en plus d’espace.
Des déchets jusque sur la chaussée
À certains endroits, les immondices ont gagné la chaussée et même des pavés récemment aménagés, faisant craindre leur détérioration.
La situation perturbe également la circulation. Sur certaines avenues, l’occupation d’une partie de la chaussée par les déchets réduit l’espace disponible, rendant parfois difficile le passage simultané de deux véhicules circulant en sens opposé.
Cette situation soulève ainsi des préoccupations à la fois environnementales, sanitaires et liées à la mobilité urbaine.
Les premières pluies aggravent la situation
Les premières pluies enregistrées la semaine dernière à Bukavu ont davantage révélé les conséquences de cette accumulation des déchets.
Charriées par les eaux de ruissellement, les immondices se sont retrouvées dans plusieurs caniveaux, obstruant les voies d’évacuation des eaux et aggravant les risques d’inondation dans certains quartiers.
Ces déchets peuvent également atteindre les infrastructures situées sur leur passage. La centrale électrique de Ruzizi 1er figure notamment parmi les infrastructures affectées par les conséquences des eaux chargées de déchets.
Au-delà des dégâts matériels, cette situation fait craindre une aggravation de la pollution des eaux.
Un risque sanitaire dans une ville confrontée au choléra
Pour certains analystes, l’accumulation des déchets constitue également une menace pour la santé publique. Le contact entre les immondices, les eaux de ruissellement et les sources d’eau peut favoriser leur contamination et créer des conditions propices à la propagation de maladies d’origine hydrique.
Cette préoccupation est d’autant plus importante que Bukavu fait actuellement face au choléra.
La mauvaise gestion des déchets pourrait ainsi accentuer les risques sanitaires pour les populations exposées, particulièrement dans les zones où les caniveaux et les voies d’évacuation des eaux sont régulièrement obstrués.
La mairie interpellée
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour demander à la mairie de Bukavu de renforcer les mesures d’assainissement et de veiller à l’évacuation régulière des déchets.
Nicolas Lubala, président provincial de la Nouvelle Dynamique de la Société civile au Sud-Kivu, appelle l’autorité urbaine à agir davantage auprès des structures et responsables chargés de la gestion des déchets.
« La mairie doit activer des mécanismes contraignants à l’endroit des cadres de base et des organisations concernées afin que les déchets soient régulièrement évacués. Les citoyens, de leur côté, continuent à s’acquitter de leurs obligations et à suivre les instructions officielles », insiste Nicolas Lubala.
Il estime que la responsabilité de l’assainissement de la ville doit être assumée à différents niveaux, avec un suivi plus rigoureux des structures chargées de la collecte et de l’évacuation des déchets.
Une évacuation régulière réclamée
Les acteurs qui suivent cette situation appellent ainsi la mairie à prendre des mesures urgentes pour éviter que les sites de transit ne se transforment durablement en dépotoirs.
Ils recommandent notamment une évacuation régulière des déchets, un contrôle du travail des structures chargées de cette opération et une meilleure implication des cadres de base dans le suivi de l’assainissement.
Avec l’arrivée de la saison des pluies, l’enjeu dépasse désormais la seule question de la propreté urbaine : la maîtrise des déchets apparaît également comme un élément important de prévention des inondations, de protection des infrastructures et de réduction des risques sanitaires à Bukavu.
Par Omeur Mudekereza