La guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de peser lourdement sur le secteur du tourisme. Faible surveillance de certains sites, insécurité pour les acteurs des espaces protégés, perte de partenaires et dégradation des infrastructures figurent parmi les principaux défis qui compromettent aujourd’hui les activités touristiques dans cette partie du pays. Dans ce contexte marqué par les conflits armés et les déplacements de populations, les opérateurs touristiques peinent à maintenir leurs activités. La fréquentation des sites a fortement reculé, tandis que plusieurs investissements et initiatives liés au tourisme sont fragilisés.
Des sites touristiques confrontés à de multiples défis
La situation sécuritaire affecte directement le fonctionnement de plusieurs sites et espaces protégés de l’Est de la RDC. L’accès devenu difficile à certaines zones, la faible surveillance et la dégradation des infrastructures compliquent davantage le travail des professionnels du secteur.
À cela s’ajoute la perte de partenaires, qui réduit les capacités de financement de certaines initiatives de conservation et de développement touristique.
Pour les acteurs du secteur, cette situation montre que la valorisation du patrimoine touristique ne peut être dissociée de sa protection.
« Le patrimoine touristique doit d’abord être protégé avant d’être valorisé. Il est difficile de parler d’un tourisme durable lorsque les sites et les espaces naturels ne sont pas suffisamment sécurisés et conservés », estiment les acteurs du secteur.
Préserver les sites, même sans touristes
À l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, célébrée le 27 septembre, les acteurs du secteur insistent ainsi sur la nécessité de maintenir les efforts de conservation malgré la baisse, voire l’absence de touristes dans certaines zones.
Atosha Byemba, coordonnatrice de l’Agence pour la Promotion et la Valorisation du Tourisme (Aprovatour), estime que la conservation des parcs et des sites touristiques doit se poursuivre indépendamment de la fréquentation actuelle.
« Même en l’absence de touristes, nous devons continuer à conserver les parcs et les sites touristiques. Il faut préserver la biodiversité et le patrimoine naturel afin de maintenir les conditions nécessaires à la relance du tourisme lorsque la situation sécuritaire le permettra », souligne Atosha Byemba.
Pour elle, les efforts consentis aujourd’hui constituent un investissement pour l’avenir du secteur et pour les communautés qui dépendent directement ou indirectement des activités touristiques.
Sécurité, infrastructures et communautés au cœur des priorités
Les acteurs du tourisme plaident notamment pour le renforcement de la sécurité autour des sites, la réhabilitation des infrastructures touristiques et la mobilisation de ressources en faveur de la conservation.
Ils appellent également à une plus grande implication des communautés locales et à la consolidation des partenariats afin de renforcer la résilience du secteur face aux conséquences des conflits.
L’objectif est de préserver les sites existants, mais aussi de maintenir les compétences et les initiatives qui pourront accompagner la reprise des activités touristiques lorsque les conditions le permettront.
L’intelligence artificielle au service du tourisme durable
Cette réflexion intervient alors que la communauté internationale célèbre la Journée mondiale du tourisme autour du thème : « L’intelligence artificielle, un accélérateur pour le développement durable du tourisme ».
Pour les acteurs du secteur dans l’Est de la RDC, les nouvelles technologies peuvent notamment ouvrir des perspectives en matière de promotion des destinations, de valorisation du patrimoine et de développement de nouveaux outils au service du tourisme.
Mais dans une région confrontée aux conséquences des conflits, ils estiment que l’innovation technologique doit aller de pair avec la protection des sites, la conservation de la biodiversité, l’amélioration des infrastructures et la sécurisation des espaces touristiques.
La relance du tourisme dans l’Est de la RDC reste ainsi étroitement liée à la capacité de préserver aujourd’hui les ressources naturelles et le patrimoine qui constituent l’essentiel de son potentiel touristique.
Par Myriam Mufano