Le suicide n’est pas une malédiction, mais un phénomène souvent lié à une profonde souffrance psychologique, émotionnelle ou sociale. Au Sud-Kivu, 152 tentatives de suicide, dont sept ayant abouti à un décès, ont été répertoriées entre mars et juin 2026, selon l’association Stop Suicide. Cette situation est évoquée à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, célébrée le jeudi 10 septembre 2026.
Briser les préjugés autour du suicide
Pour Lumière Singay, coordinatrice de l’association Stop Suicide au Sud-Kivu, les préjugés autour du suicide doivent être combattus. Elle estime que certaines personnes qui tentent de mettre fin à leur vie cherchent avant tout à mettre un terme à une souffrance devenue difficile à supporter.
« Beaucoup de gens pensent que l’acte de se suicider, c’est une malédiction, or c’est un fait qui existe. Personne ne peut vouloir mettre fin à sa vie, mais il pense mettre fin aux douleurs, à l’accumulation des problèmes, à l’accumulation des échecs. Le mieux pour prévenir le suicide, c’est d’en parler. »
Les changements de comportement doivent interpeller
Lumière Singay appelle également les proches à être attentifs aux changements de comportement des personnes de leur entourage. L’isolement, notamment, doit constituer un signal d’alerte, estime-t-elle.
Elle encourage ainsi les familles, les proches et les autres membres de la communauté à se rapprocher des personnes qui traversent des moments difficiles et à leur apporter une écoute attentive.
Encourager l’écoute et l’accompagnement
La coordinatrice de Stop Suicide recommande aussi de ne pas juger les personnes en détresse et de privilégier le dialogue. Certains changements dans le comportement ou dans les habitudes peuvent, selon elle, révéler une situation de souffrance nécessitant une attention particulière.
« Il y a des gens qui sont devenus trop dépressifs, anxieux, chaque situation les irrite. Vous lui dites bonjour, il vous demande : “Bonjour, pourquoi ?” Vous lui dites de manger, il refuse de manger. Normalement, il faut l’approcher. Si c’est difficile de l’approcher, appelez un professionnel de santé mentale. Soyons attentifs, les pasteurs, la famille, les proches, parce que la famille et les proches jouent un rôle très important dans la prévention du suicide. »
Walungu et Bagira parmi les zones les plus touchées
De mars à juin 2026, 152 tentatives de suicide, dont sept ayant abouti à un décès, ont été répertoriées au Sud-Kivu, fait savoir la coordinatrice de l’association Stop Suicide.
Les zones ayant enregistré le plus de cas sont le territoire de Walungu et la commune de Bagira, dans la ville de Bukavu.
Par Hélène Bujiriri