Les affrontements violents et récurrents entre les éléments Wazalendo et les troupes de l’AFC/M23 dans le groupement de Karhongo précisément au centre de Munya et villages voisins rendent ces entités de plus en plus invivables.
Alors que l’entité était chaude avec une population dynamique vivant du petit commerce principalement au centre commercial de Munya, de l’agriculture sur une terre fertile avec la présence des marais ainsi que de la fabrication des briques cuites, Karhongo Nyangezi est aujourd’hui transformée en entité fantôme.
Tôt le matin de mercredi 2 avril 2025, des dizaines personnes ont été visibles transportant quelques objets à pieds ou encore à motos vers différentes destinations. Des témoins rapportent qu’il s’agit des habitants qui jusque-là résistaient encore à rester dans l’entité espérant à un rétablissement de la situation sécuritaire.
Ces nouveaux mouvements des populations interviennent après des violents affrontements signalés dans la journée de lundi 1er avril 2025 et qui ont coûté la vie à quelques civils sur l’axe Mumosho-Nyangezi en plus de quelques pertes qui auraient été enregistrées dans les rangs des belligérants.
Le matin de mercredi 2 avril 2025, quelques corps ont été visibles jonchant les rues au centre de Munya tout comme dans certains villages, indique un défenseur des droits de l’homme encore présent dans la zone.
Connu comme un centre mouvementé avec notamment la présence des passagers qui s’arrêtent sortant de leurs véhicules pour s’approvisionner avant de poursuivre leurs voyages en provenance ou en partance de Bukavu pour Kaziba et Kamanyola dans le territoire de Walungu ainsi que Uvira et Fizi, le centre de Munya présente aujourd’hui une toute autre image.
Dans des chantiers de fabrication des briques éparpillés dans cette partie du Sud-Kivu, des sources rapportent que les responsables et même les ouvriers n’ont eu d’autre choix que de fuir des affrontements qui éclatent à tout bout de champ.
A ce jour, Karhongo-Nyangezi s’est vidée de plus de 90% de sa population, expliquent des sources sur place. Une grande partie de la population s’est dirigée dans différentes avenues du quartier Panzi dans la ville de Bukavu et d’autres villages voisins jugés plus sécurisés.
Par Etienne Mulindwa