Les personnes accusées de faire disparaître les organes génitaux et celles qui estiment que leurs organes ont disparu doivent être conduites auprès de la police, entre les mains des autorités locales ou encore dans des structures médicales.
C’est seulement par cette procédure qu’il est possible d’établir les faits, de rechercher la vérité et de rétablir l’ordre social.
Cette recommandation est du Docteur Philippe Amani Busane, médecin psychiatre et chef du département de psychiatrie à l’hôpital de Panzi. Il s’est exprimé au cours de l’émission Paix et Développement de Radio Maendeleo, dimanche 15 mars 2026.
Selon lui, plusieurs phénomènes peuvent expliquer l’atrophie de l’organe sexuel chez l’homme, sans pour autant conclure qu’il aurait disparu à la suite d’un acte de sorcellerie.
Le spécialiste estime qu’au lieu de lapider ou de s’en prendre publiquement à une personne supposée avoir fait disparaître un organe génital, l’instance habilitée reste la police. Celle-ci peut, à son tour, requérir l’avis des médecins et des psychologues afin d’établir les faits.
Intervenant dans la même émission, le chef de quartier Ndendere et porte-parole de la synergie des chefs de quartiers de la ville de Bukavu, le pasteur Albert Migabo Nyagza, invite les habitants à développer des capacités leur permettant de maîtriser leurs émotions.
Selon lui, parmi tous les cas rapportés sur les réseaux sociaux, aucun n’a été prouvé. Il met en garde contre la manipulation et la propagation des rumeurs, soulignant que les autorités pourraient prendre des mesures appropriées face à cette situation.
Dans son intervention au cours de la même émission, le préfet des études à l’EDAC-ISGEA, Sylvain Mushagalusa, a pour sa part invité les autorités à faire preuve de plus de rigueur, allant jusqu’à interdire la vente publique des épingles et des élastiques présentés comme des solutions préventives. Selon lui, cette pratique contribue à amplifier la rumeur.
Par Étienne Mulindwa