Les déchets stockés sur le site d’ELAKAT, vers le poste frontalier Ruzizi 2 en commune d’Ibanda, présentent de plus en plus de dangers pour la population et menacent la route nationale n° 29B reliant le rond-point Major Vangu à ce poste frontalier.
Au cours d’une descente effectuée mardi 31 mars 2026, le constat fait état de toutes sortes de déchets non triés, abandonnés depuis plusieurs années. Ces immondices menacent à la fois la santé des populations environnantes, celle des passants, et ternissent l’image de cette deuxième porte d’entrée de la ville de Bukavu.
Sur place, l’intensité des activités commerciales contraste avec l’insalubrité ambiante. Chaque jour, des centaines de femmes commerçantes affluent pour exposer ou s’approvisionner en produits tels que légumes, fruits ou poissons, tandis que l’abattoir voisin fonctionne à plein régime.
Cependant, tous doivent évoluer dans un environnement marqué par des odeurs nauséabondes et la présence d’insectes. Certains usagers sont contraints de se couvrir le nez à l’aide de cache-nez pour tenter de se protéger.
La situation affecte également la circulation. La route reliant l’essence Major Vangu à la frontière Ruzizi 2 est envahie par les déchets. Initialement à double voie, la chaussée est aujourd’hui réduite, une partie étant occupée par ces dépôts.
Les habitants dénoncent une situation de plus en plus préoccupante, évoquant notamment la prolifération des maladies, la pollution de l’environnement et la dégradation de leur cadre de vie. Les commerçantes de denrées alimentaires craignent, quant à elles, la contamination de leurs produits ainsi qu’une baisse de leur clientèle.
Face à cette situation, Gédéon Kanyigi, acteur de la société civile locale, plaide pour la mise en place de mécanismes durables de collecte et de traitement des déchets. Il appelle également les habitants à s’abonner aux services d’évacuation des immondices, tout en exhortant les autorités à intervenir en urgence.
Il convient de rappeler qu’il y a quelques mois, le gouvernement provincial, par l’intermédiaire de la mairie de Bukavu, avait suspendu ce dépotoir et décidé de son transfert vers Nyantende, dans le but de désengorger le centre-ville et d’améliorer les conditions d’hygiène.
Par Myriam Mufano