La crise sécuritaire actuellement vécue dans l’Est de la République Démocratique du Congo risque d’avoir un impact sur l’éducation particulièrement celui lié à la déclaration d’une année blanche dans certaines sous-divisions.
En plus des risques liés à la déclaration d’une année blanche, d’autres sont relatifs à la prise en charge des enseignants particulièrement de nouvelles unités et les non payés mais aussi l’accès aux liquidités pour ceux qui bénéficient des salaires via les banques.
Pour ce qui est des risques liés à la déclaration d’une année blanche dans certaines zones par exemple, il faut noter que selon les normes de l’UNESCO, une année scolaire dure 220 jours ouvrables au total.
A défaut de totaliser les 220 jours, l’école doit organiser les cours sur au moins 180 jours et plus faute de quoi, l’année est déclarée blanche.
Dans la province du Sud-Kivu, plusieurs zones connaissent encore une forte instabilité occasionnée par des affrontements occasionnels et/ou récurrents entre les éléments qui se réclament Wazalendo et les troupes du M23.
A ceci s’ajoutent les rumeurs persistantes sur la volonté des belligérants à poursuivre les affrontements pour récupérées de nouvelles zones ou reconquérir d’autres. C’est notamment dans les sous-divisions Walungu 1 et 2 où les portes écoles sont toujours fermées.
Dans certaines écoles dans la province éducationnelle Sud-Kivu 1 notamment à Bukavu et les territoires de Kabare, Idjwi et Kalehe, des gestionnaires ont réadapté les horaires en réduisant le nombre des jours prévus pour les congés afin de rattraper les retards accumulés à la suite des événements ayant conduit à la chute de la ville de Bukavu
Des experts dans le secteur de l’éducation évoquent les possibilités selon lesquelles une année blanche peut être déclarée dans certaines écoles et/ou sous divisions qui n’auront pas totaliser le minimum de 180 jours prévus par l’UNESCO alors que dans d’autres, les élèves seront proclamés de manière régulière.
Ces experts conseillent aux belligérants de prendre en compte cette question en protégeant les lieux éducatifs et les enfants conformément au droit international humanitaire afin de favoriser l’achèvement du calendrier scolaire.
Aux gestionnaires d’écoles, d’organiser des programmes spéciaux notamment pour les élèves dans les classes terminales afin de les préparer aux épreuves certificatives qui approchent notamment l’Examen d’Etat, l’Examen National de Fin d’Etudes Primaires et le Test National de Sélection et d’Orientation Professionnelle.
Au sujet du payement des enseignants qui ne sont pas pris en charge par l’Etat congolais particulièrement ceux du primaire, c’est le chaos qui s’installe dans leurs familles, expliquent certains d’entre eux contactés.
Payés localement grâce aux frais de fonctionnement envoyés par Kinshasa dans chacune des écoles, ces enseignants devront encore attendre longtemps car ces frais ne sont plus envoyés et même s’ils le seraient, les banques sont toujours inaccessibles.
D’aucuns estiment que les situations de crise à l’instar de celles vécues actuellement devraient être saisies pour tirer de leçons pour une bonne gestion du secteur éducatif qui, du reste, est apolitique.
Par Etienne Mulindwa