Le collectif des exploitants miniers artisanaux opérant sur les sites de Nyenyezi, dans le groupement de Luhihi en territoire de Kabare, s’insurge contre la vente présumée de ce site à une société minière étrangère.
Dans une correspondance adressée au coordonnateur de l’AFC/M23, avec copie à une radio locale, ce collectif affirme détenir des informations selon lesquelles cette vente serait l’œuvre de certains responsables d’une coopérative minière de la place.
Les exploitants jugent cette situation inadmissible au regard des investissements importants consentis sur ce site. Ils évoquent plus de 15 000 puits actifs, représentant un capital global estimé à plus de 10 milliards de dollars, mobilisé au prix d’énormes sacrifices humains, financiers et sociaux.
Ils soutiennent qu’aucune entité ne peut se permettre de céder ce site alors que 80 % des parts de production appartiennent aux exploitants artisanaux.
Le collectif rappelle également que ce site relève d’une zone d’exploitation artisanale, excluant toute activité industrielle sans le respect des procédures légales en vigueur.
Les exploitants redoutent que l’imposition d’une exploitation industrielle ne provoque des tensions graves, susceptibles d’entraîner des pertes en vies humaines. Ils affirment dépendre entièrement de ce site pour leur survie, après avoir abandonné maisons, champs, véhicules et autres activités.
Face à cette situation, ils exigent l’annulation immédiate de cette vente qu’ils jugent illégale, la suspension des activités de toute société étrangère sur le site, ainsi que le respect des lois minières congolaises et des normes de l’OHADA. Ils appellent également à l’ouverture d’un cadre de dialogue officiel avec les exploitants.
Le collectif rappelle enfin que les principes coopératifs reconnaissent les exploitants comme propriétaires des sites, impliquant leur participation à toutes les décisions, notamment celles liées à une éventuelle cession.
Dans ces conditions, souligne le mémorandum, tous les droits devraient être évalués et indemnisés, d’où l’appel à l’implication urgente des autorités pour mettre fin à cette démarche.
Par Hélène Bujiriri