En Ouganda, les autorités électorales ont entamé jeudi soir le dépouillement des bulletins de vote, au terme d’une journée électorale perturbée par d’importants soucis techniques et une coupure totale d’internet. Les résultats provisoires du double scrutin présidentiel et législatif sont attendus dans un délai de 48 heures.
Sur la chaîne privée NBS, plusieurs bureaux de vote du pays étaient visibles en direct, montrant des agents électoraux vêtus de chasubles, comptant les bulletins souvent à l’extérieur, sous le regard d’une poignée d’électeurs restés sur place pour suivre le processus.
Pour de nombreux observateurs, ce scrutin ressemble à une formalité pour le président sortant Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis 1986 et candidat à un septième mandat consécutif. Le chef de l’État s’appuie sur un contrôle quasi total de l’appareil sécuritaire et administratif du pays, ainsi que sur un parti dominant installé depuis plusieurs décennies.
La coupure d’internet, effective depuis mardi, a fortement limité la communication des partis politiques, des observateurs nationaux et de la société civile. Les autorités justifient cette mesure par des « raisons de sécurité nationale », tandis que l’opposition y voit une tentative d’opacifier le processus.
Un important dispositif sécuritaire a été déployé dans la capitale Kampala et dans plusieurs grandes villes. Les forces de l’ordre ont montré une présence accrue autour des centres stratégiques, des bureaux de vote et des infrastructures publiques.
Selon la Commission électorale, les résultats définitifs devraient être proclamés dans le délai légal, sous réserve d’éventuelles contestations.
Les scrutins en Ouganda suscitent régulièrement des critiques internationales, notamment de la part d’organisations de défense des droits humains et de certains partenaires occidentaux, qui pointent des restrictions sur les libertés publiques, les arrestations d’opposants et l’usage disproportionné de la force lors des périodes électorales.
Par Omeur Mudekereza