La situation sécuritaire et humanitaire reste préoccupante dans plusieurs villages de la chefferie de Kaziba et des moyens plateaux d’Uvira, deux semaines après le début des affrontements opposant le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) aux FARDC appuyées par les Wazalendo.
À Kaziba, la coalition FARDC-Wazalendo mène des attaques contre les positions du FRN depuis le 12 octobre. De leur côté, des éléments du FRN tentent de progresser vers Munanira, Nshondo et Ndengereka, dans la chefferie de Bafuliru.
Selon des sources de la société civile contactées par Radio Maendeleo, plus de 2 500 ménages ont quitté Kaziba-centre et Kafindjo. Ils se sont dispersés dans la chefferie voisine de Ngweshe, toujours en territoire de Walungu, à Burhinyi et Luhwinja, dans le territoire de Mwenga, dans la chefferie de Bafuliru, en territoire d’Uvira, ainsi que dans la ville de Bukavu.
Dans les moyens plateaux d’Uvira, les villages de Muhumba, Ndengereka, Bideka et Munyoma sont vidés de leurs habitants depuis le début de la semaine dernière. Les populations se sont dirigées vers Bwigala, Buheba, Lubarika, Rupango et Kamanyola, dans la plaine de la Ruzizi, indiquent des sources de la société civile locales.
La plupart de ces personnes déplacées sont exposées aux intempéries et n’ont reçu aucune assistance humanitaire à ce jour. Les blessés par balles restent également sans prise en charge adéquate.
Les femmes, les enfants et les personnes âgées figurent parmi les personnes les plus exposées, notamment aux risques de violences sexuelles, de séparations familiales et de traumatismes chez les enfants.
Par ailleurs, des écoles restent fermées dans plusieurs localités, tandis que les grands centres qui accueillent habituellement la population les jours de marché tournent au ralenti. Des défenseurs des droits humains déplorent également l’impossibilité pour les agriculteurs d’accéder à leurs champs, une situation qui compromet leurs moyens de subsistance.
Face à cette situation, ces acteurs appellent les belligérants à privilégier le dialogue et à mettre en œuvre le cessez-le-feu prévu dans les engagements pris dans le cadre des processus de paix de Doha, de Suisse et de Washington.
Ils plaident également pour la protection des civils, l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés et la mobilisation des organisations humanitaires afin d’assister les populations affectées.
Par Wendo Joé