Près d’une vingtaine de barrières jalonnent désormais l’axe Bukavu-Uvira, sur la Route nationale numéro 5 (RN5), à partir de l’entrée de la plaine de la Ruzizi jusqu’à Uvira. Cette multiplication des points de contrôle expose les usagers à des paiements répétés tout au long du trajet.
Jusqu’à 60 000 francs de paiements sur le trajet
Selon plusieurs témoignages recueillis par Radio Maendeleo, les passagers déboursent entre 2 000 et 5 000 francs congolais à chaque barrière. Au total, les paiements peuvent atteindre 40 000 à 60 000 francs congolais pour un seul trajet.
Un voyageur ayant récemment effectué le parcours affirme avoir compté environ 16 barrières entre Bukavu et Uvira. Deux seraient attribuées à l’AFC/M23 et se limiteraient au contrôle des pièces d’identité. Deux autres seraient tenues par les FARDC, tandis qu’environ 12 sont attribuées aux Wazalendo.
Le coût du voyage fortement revu à la hausse
Cette situation se répercute directement sur le prix du transport.
Selon cet usager, le trajet qui coûtait auparavant moins de 10 dollars est aujourd’hui facturé autour de 40 000 francs congolais. En ajoutant les différents paiements effectués aux barrières, le coût total d’un déplacement de Bukavu à Uvira peut atteindre 90 000 à 100 000 francs congolais, tous frais compris.
« Avant, je pouvais faire le trajet avec moins de 10 dollars. Aujourd’hui, avec le transport et les paiements aux barrières, il faut prévoir jusqu’à 100 000 francs congolais », témoigne cet usager.
Le retour représente, selon lui, une dépense similaire.
Des contrôles qui rallongent le trajet
L’axe concerné, notamment la portion comprise entre Luvungi et l’entrée de la ville d’Uvira, est également emprunté par des passagers en transit vers le Burundi.
Au-delà de l’impact financier, les usagers déplorent aussi l’allongement de la durée du trajet, lié à la multiplication des arrêts et des contrôles.
« À chaque barrière, il faut s’arrêter, présenter ses documents et parfois payer. Cela prend du temps et rend le voyage très pénible », ajoute le voyageur.
Les usagers demandent des contrôles à vocation sécuritaire
Pour les usagers de cet axe, les contrôles restent nécessaires pour des raisons de sécurité, mais ils ne devraient pas se transformer en prélèvements systématiques auprès des passagers.
Ils demandent ainsi que les différentes barrières soient maintenues dans leur rôle sécuritaire et que cessent les paiements qui alourdissent le coût des déplacements sur cet axe routier, important pour la circulation des personnes et des biens.
Par Omeur Mudekereza