Un enfant témoin ou acteur des événements traumatiques tels que la justice populaire peut développer à la longue des troubles des comportements avec des risques d’affecter négativement sa santé mentale.
C’est qu’a révélé le psychologue Idriss Baninde dans un entretien avec Radio Maendeleo le vendredi 4 avril 2025.
Idriss Baninde précise que les événements traumatiques auxquels assistent les enfants ne restent pas sans effets sur leurs psychologies.
Il renseigne que dans un long ou bref délai, ces enfants peuvent développer des comportements qui traduisent le traumatisme, l’anxiété et deviennent violent dans la communauté
Ce psychologue précise que ces enfants sont susceptibles de développer des troubles de sommeil, des problèmes qui les empêchent de se concentrer à l’école et d’autres encore deviennent distraits
A la longue, ces derniers se réfugient dans la drogue ou l’alcoolisme pour essayer de compenser la douleur qu’ils ressentent.
« Vous allez vous rendre compte qu’un enfant ayant vécu un tel événement vient en classe, mais en réalité, il n’est pas réellement présent mentalement et psychologiquement. C’est l’un des signes révélateurs à court terme des impacts sur la santé mentale des enfants. À long terme, les conséquences peuvent être tout aussi graves. Un enfant exposé à des scènes de violence, sans accompagnement adéquat ou sans un cadre familial favorable à sa résilience, risque de développer des comportements violents à l’adolescence ou à l’âge adulte. Ce sont des enfants qui deviennent souvent très agressifs. Ils peuvent, sans même s’en rendre compte, se tourner vers la drogue ou devenir de grands consommateurs d’alcool. Pourquoi ? Parce que c’est une manière subliminale d’exprimer des ressentis émotionnels négatifs, et de tenter de les apaiser à travers ces substances » indique Idriss Baninde.
Pour aider ces enfants, le psychologue Baninde appelle les personnes qui vivent sous le même toit que ces enfants à les approcher régulièrement au besoin les amener auprès des psychologues pour les séances des dédramatisations.
« La communauté doit faire preuve de vigilance et d’une grande capacité d’observation. J’insisterai particulièrement sur le cadre familial, car c’est là que les enfants doivent être entourés, surveillés de près, et où tout changement de comportement doit être détecté rapidement, en complément de toutes les stratégies que j’ai déjà mentionnées. La place de l’enfant est à la maison ou à l’école. Lorsqu’il n’est pas à l’école, il doit être chez lui, et les parents doivent veiller davantage à cela. ».
Et d’ajouter « Les scènes vécues par l’enfant peuvent se rejouer dans son espace intime, comme son lit, ce qui exige une attention particulière des parents. Ceux-ci doivent être disponibles, présents, capables d’accompagner leurs enfants, de les encadrer et de les surveiller. L’intervention des enseignants, qui suivent de près les enfants, est également primordiale. Ils doivent pouvoir alerter les parents dès qu’un changement de comportement est observé. La communauté, dans son ensemble, doit rester vigilante et attentive« . Précise le Psychologue Idris Baninde.
Il demande aux membres de la communauté de ne pas impliquer les enfants à des évènements comme des cas de justice populaire ou de fortes violences car le contraire c’est les exposer à un futur sombre où ils seront violents et alcoolique.
Il va plus loin et demande aux parents d’éviter des débats autour des cas de justice populaires ou autres acte de violence en présence des enfants car, argumente-t-il, cela affecte leur état psychique d’une manière ou d’une autre.
Par Mapendo Linda