L’isolement de la ville d’Uvira de plusieurs entités voisines comme le Burundi, la Tanzanie, la ville de Baraka et celle de Kalemie dans la province du Tanganyika entraîne une hausse vertigineuse des prix des biens et services sur le marché local.
La ville semble détachée du reste du territoire national et des pays voisins et cela impacte sensiblement le secteur économique et surtout le panier de la ménagère, rapportent des sources sur place.
Aujourd’hui, selon nos sources, la fermeture de la frontière avec le Burundi bloque la traversée de certains produits qui venaient de ce pays dont la farine, les œufs, la bière Amstel et d’autres articles divers.
À l’opposé, certains opérateurs économiques locaux du secteur pétrolier qui dépendaient des activités d’exportation du carburant vers le Burundi subissent un coup d’arrêt entraînant des manques à gagner considérables dans leurs comptabilités.
Outre le Burundi, les produits de la Tanzanie comme le riz n’atteignent plus la ville d’Uvira via le beach Maendeleo comme auparavant, renchérissent nos sources.
En effet, les importateurs des produits en provenance de la Tanzanie ne savent plus atteindre Uvira après la mesure du maire de la ville de Baraka appuyée par les Wazalendos interdisant tout trafic sur le lac Tanganyika en provenance ou à destination de la deuxième ville du Sud-Kivu.
Conséquence, le sac de riz de la Tanzanie qui se négociait à 18 $, voire 20 $ ou 22 $, se vend aujourd’hui à 37 dollars américains ou 40 à certains endroits, fait savoir une femme ménagère d’Uvira contactée par votre radio.
Elle ajoute que le sac de braises qui vient habituellement de Baraka se vend aujourd’hui à 100.000 francs congolais, voire 120.000, au lieu de 40.000 francs il y a à peine 1 mois.
La situation est quasi similaire pour les produits en provenance de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika.
La suspension du trafic avec cette province entraîne une difficulté d’approvisionnement en produits alimentaires comme les poissons séchés, communément appelés Ndakala et Mikeke, ainsi que la farine de maïs.
Consécutivement à cette réalité, le sac de farine de maïs est passé de 25.000 francs congolais à 40.000, voire 45.000 francs congolais, renseigne Serge Kigwati, coordonnateur national de la société civile des nationalistes congolais.
Avec cet isolement, l’espoir était porté vers la ville de Bukavu et la plaine de la Ruzizi, surtout après la relance du trafic routier. Cependant, des messages ont plombé les réseaux sociaux appelant les habitants d’Uvira à éviter le chemin de la plaine de la Ruzizi, indique-t-il.
Par Expedit Kyalu