Plus de 700 enfants ont déjà perdu la vie depuis le début de l’épidémie de rougeole en février 2026 dans la zone de santé rurale de Mulungu, couvrant les groupements de Bamuguba Sud et de Baliga, dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu.
Dans une interview accordée à Radio Maendeleo ce jeudi 11 juin 2026, le président de la société civile de Bamuguba Sud, Polycarpe Buza Bwa Ndozi, indique que la maladie continue de se propager dans un contexte sanitaire extrêmement fragile.
Selon lui, plus de 80 enfants meurent chaque semaine de la rougeole, du paludisme, de la malnutrition et d’autres maladies dans les quatre zones de santé rurales que compte le territoire de Shabunda. Cette situation est attribuée à la rupture totale des médicaments essentiels ainsi qu’à la faible couverture vaccinale dans un contexte marqué par le conflit armé.
Dans la seule zone de santé rurale de Mulungu, les données locales font état de 11 décès maternels enregistrés entre janvier et juin 2026. Au cours de la même période, 226 décès liés au paludisme ont été signalés, précise la société civile locale.
Les cas de malnutrition ont également causé 211 décès sur fond de forte vulnérabilité nutritionnelle, alerte Polycarpe Buza Bwa Ndozi.
Les estimations locales indiquent que plus de 56 % des femmes enceintes souffrent de malnutrition. Cette situation entraîne de fréquents cas de naissances avec un faible poids et contribue à une mortalité infantile élevée.
Les cas de diarrhée ont provoqué 208 décès supplémentaires durant la même période, ajoute notre source. Les violences armées constituent également un facteur aggravant, avec 282 décès par armes à feu enregistrés. Deux décès liés à des cas de viol ont également été signalés, faute d’une prise en charge médicale adéquate des victimes.
La rupture des médicaments essentiels et le manque d’intrants médicaux rendent la réponse sanitaire presque inefficace face à l’augmentation des cas, souligne la société civile.
Cette situation est davantage aggravée par la malnutrition généralisée chez les enfants et les femmes enceintes, augmentant considérablement les risques de complications et de décès.
Polycarpe Buza Bwa Ndozi regrette également que plusieurs structures sanitaires aient été pillées ou détruites, réduisant fortement les capacités de prise en charge dans une zone déjà affectée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations.
Face à cette crise sanitaire multidimensionnelle, la société civile appelle à une intervention humanitaire urgente. Elle plaide notamment pour le renforcement de la vaccination, l’approvisionnement en médicaments essentiels, la sécurisation des structures de santé ainsi que l’ouverture de couloirs humanitaires afin de faciliter l’assistance aux populations affectées.
Par Omeur Mudekereza