Équiper et recycler la Police nationale congolaise, démanteler la « Force du progrès » et ouvrir des enquêtes indépendantes sur les violations des droits humains. Telles sont les principales recommandations formulées par la Commission Épiscopale Justice et Paix (CEJP) de la CENCO à l’issue du monitoring de la récente manifestation de l’opposition à Kinshasa.
Ces recommandations figurent dans un rapport rendu public et consulté par la rédaction mardi 16 juin 2026.
Selon la CEJP, le bilan de cette mobilisation est particulièrement lourd et préoccupant pour la démocratie congolaise. Les observateurs ecclésiastiques déployés sur le terrain affirment avoir documenté des pertes en vies humaines, des dizaines de blessés graves ainsi que plusieurs arrestations jugées arbitraires de citoyens.
Le rapport décrit des scènes de répression violente au cours desquelles le droit de réunion pacifique aurait été bafoué. Les auteurs évoquent également de graves atteintes aux droits humains commises lors de cette manifestation.
La Commission épiscopale dénonce par ailleurs l’activisme de la « Force du progrès », présentée comme une structure partisane proche du pouvoir. Selon le document, ses membres auraient agressé des citoyens en plein jour, tandis que la Police nationale aurait fait un usage disproportionné et parfois létal de la force face à des manifestants pacifiques.
La CEJP fustige ce qu’elle considère comme une complicité passive ou active entre les forces de l’ordre et certains groupes civils. Une situation qui, selon elle, fragilise l’autorité de l’État et porte atteinte à l’image de la République démocratique du Congo sur la scène internationale.
Face à ces dérives, la Commission estime que la Police nationale doit retrouver sa neutralité républicaine et garantir la protection de tous les citoyens, indépendamment de leurs opinions politiques.
Les évêques jugent également possible un meilleur encadrement des manifestations publiques si les autorités cessent d’imposer des modifications d’itinéraires à la dernière minute. Ils considèrent ces pratiques comme des facteurs de tension et de démobilisation politique.
La CENCO appelle enfin le gouvernement central, les autorités provinciales, le pouvoir judiciaire, les partis politiques ainsi que les organisateurs des manifestations à assumer pleinement leurs responsabilités afin de préserver les libertés publiques et d’éviter de nouveaux affrontements.
Elle insiste sur la nécessité d’une justice impartiale pour les victimes et invite les partis d’opposition à sensibiliser leurs militants à la non-violence et au respect des biens publics et privés.
Par Myriam Mufano