Le projet d’organisation d’un dialogue entre Congolais reste incertain, en raison de la multiplication des désaccords entre la République démocratique du Congo et l’Angola autour du cadre et du contenu de ces discussions.
Selon plusieurs sources citées par Jeune Afrique, média basé à Paris en France et spécialisé dans l’actualité africaine, Kinshasa et Luanda ne sont toujours pas parvenus à un accord sur le format et le calendrier de ce dialogue.
Mandaté pour faciliter l’organisation de ces discussions, l’Angola avait engagé une série de consultations avec le président de la RDC, Félix Tshisekedi, la société civile représentée par les confessions religieuses ainsi que l’opposition armée et non armée.
Ces consultations ont abouti à l’élaboration d’une feuille de route en vue d’un dialogue intercongolais inclusif, présenté comme un cadre devant favoriser la paix durable et la réconciliation nationale en RDC.
Le document proposait la tenue du dialogue à Luanda avec 90 participants, répartis entre 30 représentants de la majorité, 30 de la société civile et 30 de l’opposition.
L’AFC/M23 figurait dans le quota réservé à l’opposition, aux côtés d’autres mouvements armés. Une approche défendue par Luanda afin d’intégrer toutes les composantes, y compris les groupes rebelles, et donner davantage de légitimité au processus.
L’Angola aurait également proposé des mesures de confiance, notamment la libération de certains prisonniers politiques, la commutation de certaines peines ainsi que le respect du cessez-le-feu, afin de faciliter l’adhésion des différentes parties prenantes.
Mais cette feuille de route aurait reçu une fin de non-recevoir de la part des autorités congolaises. Kinshasa considère notamment comme une ligne rouge l’intégration des membres de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, ainsi que la participation de Joseph Kabila, condamné à mort pour ses liens présumés avec ce mouvement.
La partie congolaise souhaite plutôt que les discussions se tiennent à Kinshasa et qu’elles soient convoquées à l’initiative du président Félix Tshisekedi.
Toujours selon Jeune Afrique, les autorités congolaises privilégient l’organisation des états généraux de la refondation de l’État, qui pourraient notamment déboucher sur une réforme constitutionnelle et l’avènement d’une quatrième République, avec un maintien du chef de l’État en fonction jusqu’à l’installation d’un nouveau président.
Ces divergences continuent ainsi de compliquer les efforts de sortie de crise politique et sécuritaire.
Sur le terrain, les combats se poursuivent notamment dans les hauts plateaux de Fizi et de Mwenga, au Sud-Kivu. À Kinshasa, l’opposition organise de son côté des manifestations contre l’idée d’une modification de la Constitution.
Pour plusieurs analystes, le dénouement de cette crise reste encore lointain, au regard des positions actuelles des différentes parties et du manque d’ouverture observé dans les négociations.
Par Expedit Kyalu