Une augmentation des cas de paludisme est actuellement observée dans plusieurs territoires de la province du Sud-Kivu, notamment à Kabare, Kalehe, Walungu ainsi que dans la ville de Bukavu.
Cette situation se manifeste par des épisodes fréquents de fièvre élevée, accompagnés de maux de tête, de frissons et d’une fatigue généralisée chez les patients.
Selon plusieurs alertes parvenues à Radio Maendeleo, les structures sanitaires locales enregistrent une affluence inhabituelle de malades présentant des symptômes liés au paludisme, suscitant une vive inquiétude au sein de la population.
Cette recrudescence serait en partie liée à l’absence, depuis un certain temps, de programmes spécifiques de lutte contre le paludisme, pourtant essentiels pour prévenir et traiter la maladie dans plusieurs zones.
Dans les territoires, la situation est aggravée par le manque d’assainissement du milieu, notamment la présence d’eaux stagnantes qui favorisent la prolifération des moustiques, principaux vecteurs de la maladie.
Dans le territoire de Kalehe, le phénomène est particulièrement observé dans les villages de Mukwidja, Muganzo, Kiniezire et Makengere, où les habitations sont envahies chaque nuit par des moustiques, alors que la population manque de moyens efficaces de protection.
Selon le docteur Mwambali Nabintu Sylvie, médecin à l’hôpital de Panzi, en zones rurales, le recours à l’automédication dès l’apparition des premiers symptômes constitue l’une des principales causes des décès déjà enregistrés.
Elle recommande l’assainissement du milieu de vie ainsi que des environs afin de détruire les gîtes larvaires des moustiques et ainsi limiter la propagation de la maladie.
Elle plaide également pour la relance des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées, afin de renforcer la prévention et réduire les risques de contamination au sein des ménages.
Enfin, elle déconseille l’automédication et invite la population à éviter toute prise de médicaments sans avis médical, encourageant chacun à se rendre dans une structure sanitaire pour une prise en charge appropriée en cas de symptômes.
Par Myriam Mufano