Environ 6,47 millions de personnes déplacées ont été enregistrées en République démocratique du Congo depuis le début de l’année 2026, soit une proportion importante de la population totale estimée à 113 millions d’habitants.
Ces chiffres placent le pays à la cinquième position parmi les États comptant le plus grand nombre de personnes déplacées au monde, derrière le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine.
Ces données sont contenues dans un rapport de l’Organisation des Nations unies, rendu public le mardi 28 avril 2026.
Selon ce document, la situation continue de se détériorer en raison des combats intenses opposant des éléments de l’AFC/M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants Wazalendo, dans l’Est du pays.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU indique que ces affrontements ont contraint plus de 500 000 personnes à fuir leurs habitations dans la province du Sud-Kivu.
Les femmes et les filles demeurent les premières victimes de ce conflit, le viol étant de plus en plus utilisé comme arme de guerre, avec des cas en hausse depuis 2025, précise le rapport.
De son côté, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime que, si l’instabilité sécuritaire persiste dans l’Est de la RDC, le nombre de personnes déplacées pourrait atteindre neuf millions d’ici la fin de l’année 2026.
Abordant la crise alimentaire, le Programme alimentaire mondial souligne qu’un Congolais sur quatre, soit environ 26,6 millions de personnes, est incapable de subvenir à ses besoins alimentaires de base.
Par ailleurs, près de 6,4 millions de personnes souffrent de malnutrition aiguë, un chiffre qui reste inchangé depuis près de 20 ans.
Face à cette situation, le gouvernement congolais et la communauté humanitaire des Nations unies estiment à 1,4 milliard de dollars les besoins d’aide humanitaire pour l’année 2026.
Il convient de noter que malgré les avancées diplomatiques récemment enregistrées à Montreux, en Suisse — où les délégations du gouvernement de Kinshasa et de l’AFC/M23 ont repris les pourparlers dans le cadre du processus de Doha — les combats se poursuivent dans l’Est du pays, sur fond d’accusations mutuelles persistantes.
Par Agathe Mudekereza