Les déclarations du président Félix Tshisekedi traduisent, selon certains acteurs de l’opposition, une absence de volonté réelle de résoudre durablement la crise sécuritaire qui prévaut dans l’Est du pays.
C’est l’analyse de Michel Mwika Banza, coordonnateur et porte-parole du Cadre de concertation des forces politiques et sociales en RDC, dans une interview accordée ce jeudi 7 mai 2026.
Pour cet acteur politique, le statu quo observé actuellement dans les provinces de l’Est semblerait profiter au pouvoir en place. Il estime que, suivant la logique développée par le chef de l’État, le maintien du régime serait indirectement lié à la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire national.
Michel Mwika Banza accuse ainsi le pouvoir d’exploiter la crise de l’Est à des fins politiques, en entretenant selon lui un climat d’incertitude sécuritaire susceptible de servir des intérêts de conservation du pouvoir.
Il soutient que l’Union sacrée s’inscrirait dans une stratégie articulée autour de plusieurs leviers. Il cite notamment une éventuelle tentative de révision constitutionnelle en vue d’ouvrir la voie à un troisième mandat, le maintien du statu quo sécuritaire dans l’Est afin de justifier politiquement une prolongation du pouvoir, ainsi que la reproduction du modèle électoral de 2023 dans la perspective d’imposer un dauphin du régime.
Selon lui, au lieu d’apporter des réponses concrètes à la population confrontée à la guerre, aux déplacements massifs et à la précarité, le pouvoir privilégierait des calculs politiques tournés vers les prochaines échéances électorales.
Le responsable politique affirme également que la priorité devrait être la restauration de la paix, le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine, la relance économique des zones affectées et le renforcement de la cohésion nationale.
Michel Mwika Banza prévient enfin que l’opposition n’acceptera pas ce qu’il qualifie de manœuvres visant à contourner l’alternance démocratique et promet de rester vigilante face à toute initiative jugée contraire à la Constitution.
Par Omeur Mudekereza