Dans les parties sud et nord de la province du Sud-Kivu, les fronts militaires restent en ébullition malgré les appels au cessez-le-feu. Les affrontements se poursuivent notamment dans les hauts plateaux de Fizi et de Mwenga, ainsi que dans les groupements de Miti et de Bugorhe, en territoire de Kabare.
Au sud comme au nord de la province, des affrontements sont presque quotidiennement rapportés entre les troupes de l’AFC-M23/Twirwaneho et la coalition gouvernementale composée des FARDC, des Wazalendo et de leurs alliés burundais.
Dans la partie sud, des sources locales indiquent que les combats ont débuté depuis le 5 juin dernier, avec notamment des bombardements par drones visant les positions occupées par les troupes de l’AFC-M23/Twirwaneho dans plusieurs villages situés aux alentours de Minembwe et de Mikenge, dans le secteur d’Itombwe, à cheval entre les territoires de Fizi et de Mwenga.
Alors que plusieurs civils avaient été tués et d’autres blessés lors d’une attaque menée dans la nuit de samedi à dimanche dernier, les dernières informations font état d’une contre-offensive de l’AFC-M23/Twirwaneho qui aurait permis la reprise du village de Mikenge, précédemment contrôlé par les FARDC.
Selon des sources sécuritaires, les forces gouvernementales se seraient repliées vers le village de Point Zéro et ses environs. Toutefois, ce mardi 9 juin 2026, de nouveaux affrontements ont été signalés dans le village de Kalingi.
Sans fournir davantage de détails, des sources locales évoquent de violents combats au sol ainsi que des échanges de tirs dans les airs, visiblement pour maintenir le contrôle des zones récupérées pour les uns et tenter de reconquérir ou d’étendre leurs positions pour les autres.
Dans cette partie de la province, des déplacements massifs de populations vers des zones jugées plus sûres sont également rapportés. Plusieurs infrastructures vitales, notamment des écoles, auraient été détruites au cours des affrontements.
Dans la partie nord du Sud-Kivu, de nouveaux combats sont signalés depuis l’après-midi du lundi 8 juin dans plusieurs villages situés aux abords du Parc national de Kahuzi-Biega, principalement dans le groupement de Bugorhe, en territoire de Kabare.
Dans la matinée de ce mardi 9 juin 2026, de fortes détonations ont encore été entendues dans les villages de Tchibati, Kabulungu, Mulangala, Chisiru ainsi qu’aux environs du Centre de recherche en sciences naturelles de Lwiro.
Un correspondant basé dans la zone fait état d’une paralysie quasi totale des activités depuis les premières heures de la journée. Les habitants qui devaient se rendre dans leurs champs ou rejoindre leurs lieux de travail ont été contraints de rebrousser chemin, tandis que d’autres ont préféré rester confinés à leur domicile par crainte de l’insécurité.
Par Etienne Mulindwa