Les habitants du Sud-Kivu continuent de dénoncer le comportement de certains opérateurs économiques, des agents de certains services officiels ainsi que d’autres personnes qui refusent les billets de banque en francs congolais, les considérant comme usés ou déchirés.
Plusieurs plaintes parvenues à la rédaction font état des difficultés rencontrées par les consommateurs détenteurs des billets présentant même de simples traces d’usure.
Cette situation concerne principalement les agents de l’État, notamment les enseignants, les infirmiers et d’autres fonctionnaires qui perçoivent leurs salaires en francs congolais. Le phénomène est observé aussi bien dans la ville de Bukavu que dans plusieurs territoires de la province du Sud-Kivu.
Dans les marchés, les transports en commun, les transactions quotidiennes et même au sein de certains services publics, le refus de ces billets provoque souvent de vives discussions pouvant aller jusqu’aux insultes et aux altercations, témoignent plusieurs habitants.
L’absence prolongée des banques et des institutions financières dans plusieurs zones ne fait qu’aggraver la situation, explique un responsable d’une école à Bukavu dans un entretien.
Il affirme que des enseignants de son établissement ont déjà remis à son bureau plus de 500 000 francs congolais en billets rejetés sur le marché. Toutefois, il reste difficile de trouver un endroit où les échanger contre des billets acceptés.
Selon lui, certaines personnes se retrouvent parfois dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins simplement parce que les billets qu’elles détiennent sont refusés par les commerçants.
Du côté des opérateurs économiques, le refus de ces billets s’explique par le fait qu’ils seraient également rejetés par certains agents chargés du recouvrement des taxes et impôts. Les commerçants estiment donc n’avoir aucune possibilité de les remettre dans le circuit.
Face à cette situation, les opérateurs économiques appellent les autorités compétentes à prendre des mesures afin de rétablir l’ordre dans la circulation de la monnaie nationale.
Par Samuel Habamungu