Dix mille cas potentiels d’Ebola et deux mille décès sont redoutés d’ici à la fin de l’année 2026 en République démocratique du Congo.
Comparée aux flambées précédentes, la situation actuelle est encore plus préoccupante en raison de l’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo, combinée aux affrontements armés et aux déplacements massifs de populations qui perturbent les activités socio-économiques et fragilisent la riposte.
Ces données sont contenues dans un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), rendu public fin juin et consulté par Radio Maendeleo.
Selon ce rapport, l’épidémie d’Ebola pourrait coûter à la RDC plus d’un milliard de dollars de produit intérieur brut, entraîner la perte d’environ 55 000 emplois et réduire la consommation ainsi que les investissements, avec pour conséquence un ralentissement des activités économiques.
En ce qui concerne la province du Sud-Kivu, le rapport fait état de trois cas confirmés seulement, mais d’une vulnérabilité estimée à plus d’un million de personnes déplacées internes, près d’un million de retournés et plus d’un million de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère.
Le rapport souligne également que les femmes commerçantes transfrontalières voient leurs revenus s’effondrer, tandis que des milliers d’enfants sont déscolarisés ou souffrent de malnutrition aiguë à la suite de la fermeture des frontières.
Sur le plan sanitaire, l’accès aux soins reste limité, indique le document. Cette situation est aggravée par le manque de médicaments et le coût élevé des services, alors que des épidémies parallèles, notamment le choléra, la rougeole et le Mpox, continuent d’affecter la population, avec une hausse notable des cas de rougeole chez les enfants.
Malgré ces conditions difficiles, les organisations humanitaires poursuivent leurs activités, notamment l’assistance alimentaire et les actions de protection en faveur des femmes et des enfants. Toutefois, la réponse demeure insuffisante face à l’ampleur des besoins des personnes déplacées, poursuit le PNUD.
L’agence des Nations unies recommande de renforcer l’assistance humanitaire à tous les niveaux, de soutenir les communautés locales ainsi que les femmes actives dans le commerce, de consolider les mécanismes de protection sociale, de mettre en place des protocoles adaptés et de protéger les budgets nationaux afin d’éviter que la flambée d’Ebola ne se transforme en une crise régionale durable.
Par Myriam Mufano