Au moins 14 personnes sont mortes en moins d’une semaine d’une maladie diarrhéique semblable au choléra dans le village de Lubila, situé dans le groupement de Baliga, zone de santé de Mulungu, en territoire de Shabunda.
Pour l’instant, plus de 108 cas sont pris en charge dans une structure médicale locale qui ne dispose pas de capacités suffisantes pour faire face à la flambée observée depuis quelque temps.
L’alerte est lancée par des notables locaux et plusieurs habitants, qui se disent débordés par la situation dans cette partie du Sud-Kivu. Faute d’intrants, de soutien et face à l’urgence, ce sont les habitants eux-mêmes qui se cotisent pour acheter du sérum et quelques autres intrants afin de soigner les malades.
La situation devient de plus en plus préoccupante, avec de nouveaux cas qui arrivent à tout moment, parfois dans un état critique.
Contacté, le médecin-chef de zone de Mulungu, le docteur Kapimbu Wilondja Pacifique, indique qu’il s’agit plutôt d’une maladie diarrhéique accompagnée d’une déshydratation sévère, fréquente à Lubila chaque année entre les mois de juillet et d’août.
Tout en faisant état d’au moins neuf décès en deux semaines, il précise néanmoins que la zone de santé est déjà en alerte et que les intrants disponibles au bureau de la Zone de santé ont été envoyés et pourraient arriver incessamment afin de renforcer la riposte.
Entre-temps, indique-t-il, la principale cause de cette maladie est l’absence d’eau potable dans le village de Lubila et le recours à la seule rivière Lubila pour tous les besoins en eau, alors qu’elle est également utilisée par les exploitants miniers et d’autres intervenants.
L’heure est à la sensibilisation des communautés au respect des mesures d’hygiène, mais aussi à la documentation des données afin de déterminer s’il s’agit du choléra ou de cette diarrhée accompagnée d’une déshydratation sévère.
Le médecin-chef de zone de Mulungu précise que toutes les structures de santé de sa zone font face à une rupture d’intrants et demeurent sans appui, ce qui complique toute intervention. Il lance ainsi un plaidoyer auprès des partenaires à tous les niveaux.
Par Etienne Mulindwa